‹ Légendes révolutionnairesChapitre 31 sur 165 · Victor Fournel, op. cit., p · texte numérisé non relu

Victor Fournel, op. cit., p

14 juillet 1789 étaient entrés en exercice ^ et il y en avait qui étaient là depuis quatorze ans 2.

Si les chambres de l'étage inférieur étaient trop froides et trop humides, celles de l'étage supérieur, qu'on appelait les calottes, étaient trop chaudes en été. On ne se servait jamais des cachots et presque jamais des calottes. Les prisonniers étaient placés — ni trop haut ni trop bas, — dans les chambres intermédiaires, vastes, hautes et claires. Elles avaient à peu près

15 pieds en tous sens et au moins 25 pieds de hauteur. Elles prenaient jour par des fenêtres grillées, de 22 pieds de haut et s'ouvrant en trois parties 3; on y accédait par trois marches. Chacune de ces chambres était chauffée par une cheminée ou par un poêle *.

1. Alfred Bégis, communication à Y Intermédiaire des chercheurs et curieux (avril 1889).

2. Cela n'empêche pas M. Michelet, qui tient à ses cachots, d'écrire dans son récit de la prise de la Bastille {Histoire de la Révolution, liv. I, ch. vu) : « On alla vile aux cachots délivrer les prisonniers ; deux étaient devenus fous. » Trois erreurs en deux lignes. Les vainqueurs, beaucoup moins pressés de délivrer les prisonniers que de faire parade des trophées de leur victoire, commencèrent par promener à travers les rues les trousseaux de clefs qu'ils avaient arrachés aux guichetiers, sans prendre autrement souci de délivrer les prisonniers. Il fallut enfoncer les portes des chambres. Les cachots, nous l'avons vu, étaient restés sans emploi sous Louis XVL Tout au plus, les officiers du château y avaient-ils fait descendre, le 14 juillet, au moment de la fusillade, deux prisonniers, Tavernier et Béchade, dans la crainte qu'il ne leur arrivât malheur. Et encore ce fait, assez vraisemblable et que rapportent quelques relations du temps, n'esl-il pas prouvé. Quant aux deux prisonniers devenus fous pendant leur détention à la Bastille, Tavernier et Whyte de Malleville, ils étaient fous avant d'y entrer. iFournel, op. cit., p. 122-123 ) — Le lecteur aura remarqué que M. Michelet se garde bien de dire que l'on ne trouva à la Bastille, le 14 juillet, que sept prisonniers. Ce chilTre contrarie sa thèse : il le supprime.

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