‹ Légendes révolutionnairesChapitre 40 sur 165 · Alfred Bégis, le Registre d'écrou de la Bastille, p · texte numérisé non relu

Alfred Bégis, le Registre d'écrou de la Bastille, p

accompagnés d'un garde ou d'un officier. « Cela résulte, ajoute-t-il, du registre du major de Losme, de nombreuses pièces que j'ai vues, et même des Mémoires de Linguet, comme de la Bastille dévoilée. » Un prisonnier, dont j'ai déjà cité la Relation publiée au lendemain de la prise de la Bastille, en pleine effervescence révolutionnaire, Poultier d'Elmotte, écrit ceci : « J'eus la promenade depuis cinq heures jusqu'à six.... Je passais tout mon temps à lire, à écrire ou à me promener ^ »

On lit, dans le Registre d'écrou, à la date du 15 juillet 1788, jour de l'entrée à la Bastille des gentilshommes bretons : « M. de Crosne a dit de leur donner plumes, encre, papier, couteaux, ciseaux, montres, promenades, en un mot de faire pour eux tout ce qui est possible. » Linguet est obligé de reconnaître que les prisonniers avaient « pour promenade la cour du château. » Il est vrai qu'il ajoute : « Le jardin était interdit aux prisonniers. » Pas à lui du moins, ainsi que le prouve la pièce suivante :

Je prie M. le gouverneur de permettre la promenade dans le jardin à M. Linguet, qui, à ce que j'espère, obtiendra incessamment sa liberté.

Le 13 mai 1782.

Lenoir.

Et au bas, de la main du major de Losme : Sera exécuté comme il est requis. Le i3 mai 1782 2.

Page 1