VI
Un service presque aussi bien organisé que le service culinaire, c'était le service médical. Le médecin de la Bastille était toujours l'un des meilleurs de la capitale. Pendant tout le règne de Louis XVI, ce fut M. Delon de Lassaigne, médecin du roi. Il avait sous ses ordres M. Hurel, chirurgien-major, et M™'' Chuppin, maîtresse sage-femme ^.
Le prisonnier préférait-il voir un autre médecin, il pouvait le faire appeler. La visite d'un spécialiste étaitelle nécessaire, le préfet de police faisait immédiatement avertir les docteurs « les plus recherchés, » voire même les dentistes les plus en vogue, s'il s'agissait de soigner les dents. Chose singulière ! qui serait curieux de connaître les noms des chirurgiens-dentistes les plus célèbres du xvii^ et du wni*" siècle, les devrait demander aux papiers de la Bastille.
< Confections de toutes sortes, juleps, sirops, apostèmes, clystères, vomitifs, cordiaux, thériaques, etc., etc. » Ce n'est pas aux Mémoires de M. Fleurant que j'emprunte cette énumération, mais aux Mémoires d'un prisonnier de la Bastille, Constantin de Renneville. « Mon compagnon, ajoute Renneville, faisait le malade pour se faire apporter toutes les drogues de l'apothicaire.... Il en avait toujours dans sa chambre de quoi former une petite boutique. » C'est que la pharmacie de la Bastille était des mieux fournies, et je crois que si Argan l'eût mieux connue, il aurait demandé à M. Purgon de le faire admettre au château. Toujours