Le Patriote français, n° 910, 6 février
4. Histoire de la Révolution de 4789, par deux Amis de la liberté, t. VIII, p. 202.
premier, du haut du fauteuil de la présidence, a donné l'exemple de tutoyer ses collègues <.
C'est Brissot, qui, à la tribune de l'Assemblée législative, dans la séance du 5 août 1792, a déclaré que la section des Filles-Saint-Thomas, à laquelle il appartenait, était composée de deux parties bien distinctes : la partie gangrenée, qui comprenait les riches, et la partie saine, comprenant les sans-culottes - !
Ce même Brissot, à la tribune de la Société des Jacobins, le 25 avril 1792, proclamait que « la dénonciation est l'arme du peuple, arme utile, arme nécessaire ^. » Conformant leurs actes à la doctrine du maître, les Girondins n'ont cessé, pendant toute la durée delà Législative, de dénoncer, de réclamer des décrets d'arrestation, de se faire les pourvoyeurs des prisons de la haute cour nationale siégeant à Orléans. Us dénoncent la haute cour elle-même, trop lente à condamner leurs adversaires. « 11 n'est pas un bon citoyen, écrit Brissot dans le Patriote français, qui ne soit indigné des lenteurs de la haute cour nationale, et qui n'ait vu avec douleur ce tribunal, qui devait être l'effroi des conspirateurs, devenir en quelque sorte leur sauvegarde. »
Si ardente que soit la haine des Girondins à l'endroit de la cour et des ministres constitutionnels, plus implacable encore est celle qu'ils nourrissent contre les prêtres. Condorcet, le philosophe et le théoricien du parti, était, suivant l'expression de Sainte-Beuve, « fanatique d'irréligion, et atteint d'une sorte d'hydro-
1. Essai historique el critique sur la Révolution française, par P. Paganel, t. II, p. 129.