Mémoires de Madame Roland, p
2. Histoire de Robespierre, par ErnesL Haine 1, t. 11, p. 150.
soit le vice-président, soit les secrétaires. C'est ainsi que nous voyons, dans la seconde quinzaine de février 1792, Basire appelé à la présidence, et la vicepfésidence confiée alors à Lanthenas, l'homme de M"^ Roland, tandis que, sur les six secrétaires, quatre au moins appartiennent à la Gironde, Louvet, Broussonnet, Boisguyon et Bancal des Issarts.
Au mois d'avril 1792, lorsque les Suisses de Ghâteauvieux, sortant du bagne de Brest, font dans Paris cette entrée triomphale que M. Mortimer-Ternaux a si justement signalée comme la première étape de la Terreur, Vergniaud, qui préside ce jour-là la Société des Jacobins, leur donne l'accolade fraternelle, et, pour glorifier leur révolte, unit sa voix à celle du comédien CoUot d'Herbois i !
« Les membres de la Gironde, a dit M. Tissot, qui a sur les autres historiens de la Révolution cet avantage d'avoir été témoin des événements qu'il raconte, les membres de la Gironde ont été les émules des plus ardents Jacobins 2. » Là est la vérité.
Ce sont eux qui ont poussé les premiers à l'adoption du bonnet rouge 3.
C'est un député de la Gironde, Grangeneuve, qui, le premier, et dès le mois de mars 1792, s'est présenté dans la salle du Corps législatif avec un bonnet rouge sur la tête ^,
C'est un autre député de la Gironde, Guadet, qui, le
1. Journal des Débats et de la Correspondance de la Société des Amis de la Constitution séante aux Jacobins à Paris, n" 175.
2. Histoire complète de la Révolution française, par P.-F. Tissot, de l'Académie française, t. V, p. 17.