‹ Légendes révolutionnairesChapitre 65 sur 165 · I. Journal de la République, n · texte numérisé non relu

I. Journal de la République, n

des droits, qui n'est que l'enseigne de la Constitution girondine, on se donne la peine d'en franchir le seuil, on ne tarde pas à rencontrer un article ainsi conçu : La peine de mort est abolie pour tous les délits privés. Elle est maintenue en matière politique. « 11 est nécessaire, dit Condorcet dans son rapport, de conserver cette peine pour les crimes qui attaquent directement la s::ireté de l'État, la tranquillité nationale, la liberté ou la souveraineté du peuple, la prospérité publique. -» Et lorsque vint en discussion, dans la séance du 19 avril 1793, la disposition constitulionnelle proclamant que la liberté de la presse ne pouvait être interdite, suspendue ni limitée, le vertueux Petion se joignit à Kobespierre pour déclarer qu'il devait être bien entendu que la liberté de la presse se7*ait absolue, mais que cependant les écrivains qui manifesteraient leurs opinions, par la voie de la presse, d'une façon qui n'agréerait pas au gouvernement de la République, seraient punis de mort M

A qui considère leurs doctrines et l'application qu'ils en voulaient faire à la politique intérieure, les Girondins apparaissent donc, non comme des esprits modérés, animés d'aspirations libérales, mais, au contraire, comme des hommes d'État (si l'on peut sans ironie leur donner ce titre), aussi dépourvus du sens pratique que du sentiment de la vraie liberté. Le plan de Constitution, élaboré par leurs soins, peut marcher de pair avec la Constitution montagnarde ; et s'il est une de ces deux œuvres qui soit, plus encore que l'autre, marquée au coin de la folie démagogique, ce n'est peut-être pas celle à laquelle Robespierre et Saint-Just ont attaché leurs noms.

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