‹ Légendes révolutionnairesChapitre 67 sur 165 · Jean-Pierre Brissot démasqué par Carmlle Dosmùulins · texte numérisé non relu

Jean-Pierre Brissot démasqué par Carmlle Dosmùulins

cipe, mais il jugeait le moment mal choisi pour la faire '. Merlin de Thionville dans la Tribune des patriotes, Fréron dans VOrateurdu peuple 2, Prudliomme dans les Révolutions de Paris 3, Marat dans VAmi du peuple ^, se rangèrent, sur cette question, du côté de Robespierre. Ce qui dirigeait leur conduite, en cette circonstance, ce n'était ni un sentiment d'humanité, ni un sentiment de patriotisme; c'était la crainte de voir la France remporter des victoires, de voir des généraux nommés par la cour, la Fayette et Rochambeau, — la Fayette surtout ! — mettre à profit ces victoires pour restituer à Louis XVI une partie de l'autorité dont on l'avait dépouillé M II serait puéril, en effet, d'attribuer à des motifs d'un autre ordre l'attitude des orateurs et des journalistes de la Montagne; mais il n'en reste pas moins que ces orateurs et ces journalistes ne voulaient pas la guerre.

Qui donc la voulait? Qui? Brissot, Vergniaud, Condorcet, Louvet, Isnard, Lasource, Guadet, Gensonné, tous les chefs de la Gironde. Et pourquoi la voulaientils? parce qu'zYs espéraient que la France serait vaincue. Vaincue, la nation se croirait trahie, elle prononcerait la déchéance de Louis XVI ou tout au moins sa suspension, et les Girondins ramasseraient le pouvoir, but suprême de leur ambition et qui ne leur paraissait pas acheté trop cher, au prix du sang et des défaites de la France ! Nous avons sur ce point les aveux de Brissot lui-même. Voici ce que nous lisons dans sa

1. Journal des Débats et de la Correspondance de la Société des Amis de la Constitution, n» 112.

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