I. 3], pour dire «nous serons malheureux; ici, le texte dit
^gofwra'noth^ expiation, punition, qui veut dire malheur.
▲BQ1>H. 14S
de Tabaïy dît i Tàohe d'éviter que le» plaideurs te prennent peur un 4ea juges disposés à les enseigner, oomment ils doivent plaider pour gagner le procès; quand les plaideurs se présentent devant toi pour les juger, sois méfiant comme on Test contre des méchants; le jugement rendu et exécuté, traite-les oomme des hommes justes, après quMls auront subi la sentence. Simon, fils de Sehatah, dit : Examine beaucoup les témoins ; i^ois eirconspeot dans tes paroles, pour qu'ils n'apprennent pas de ces paroles la manière de te tromper.
Schamaïah et Abtalion ont reou la tradition des préeédents. Schamaïah dit s Aime le travail et hais les grandeurs [4], et n% t'associe pas aux hommes du pouvoir [2]. Abtalion dit : Sages, soyez circonspects
^i] Le te^tg 4it hais la T€iikç.nùih% dç rahhi, {naître. Gonap^ra^i \(à^ paroles : «Ne vous faites pas appeler maître, car...., vous êtes tous frèrea » [gt. Matthieu, XXIII, 8J.
[2] gçhmaiah ^t^fetaliPA étaient oQptiîmporain^ d'HérodQj le premier disait donc qu'il ne fallait pas avoir de relation avec ce roi. Abtalion disait k ses collègues, de se tenir en gfarde contre le mêipe Uérpcjçi et d'être circonspects dans leurisi paroles, çt il prêcha d'exemple en parlant par métaphores, et en disant : « Vous pou priez être condamnés [par Hérode] à Texil ou à la mort [les supplicias buvaient upe eau mauvaise, unQ potion carcotiqqô avant la mort [v. ma Législation criminelle, p. 104, Jésus Ta bu aussi] ; vos disciples seraient condamnés aussi par Hérode comme complices], et Hérode profanerait ainsi le nom de Dieu par de si grands crimes].
Le çpmmentairo dit que la mauvaise eau est une métaphore pour la makuyaîse doetrine, métaphore qui ne ae trouve nulle pari dans le Thalmud, On trouvedans le traité Holin TexpreBsion maim ha-* raim^ eau mauvaise, qui désigne une eau qui peut causer la mort si on la boit [v. Holin, fol. S8, verso et 105, verso].Dans Aboth, do rabbi Nathan, ou dit que respression ^au mauvaUe doit être prisa dan^ le îens naturel, ou bien elle figure les mœurs pajennea [Aboth de rabbi Nathan, perek li].
dans vos paroles, car vous pourriez être condamnés à Texil, ou bien à aller là où il y a de l'eau mauvaise, «t les disciples, vos successeurs, pourront (aussi) la boire et mourir, et le nom de Dieu serait ainsi profané [1].
Hillel et Schamaï ont reçu la tradition des précédents. Hillel dit : Sois des disciples d'Aron : aimant la paix et la poursuivant [Psaumes, XXXIV, 15] ; aimant les hommes et les rapprochant de la thorah. Il avait l'habitude de dire : celui qui étend son nom perdra le nom, c'est-à-dire celui qui est vaniteux ne sera pas honoré ; celui qui ne fait pas de progrès sera perdu ; celui qui ne s'instruit pas, mérite la mort; mais celui qui fait usage de la couronne [de la thorah] se perd [2] [v.p. 160],
Le même Hillel avait l'habitude de dire : Si je ne travaille pas moi-même pour moi, qui travaillera pour moi? Et, si je ne travaille que pour moi, que suis-je? Et, si je ne travaille pas à présent [quand je peux le faire, ou quand l'occasion se présente et les circonstances me favorisent], quand le ferai-je?
(Pour mes affaires, je dois travailler moi-même , et ne pas compter sur d'autres ; je ne dois pas être un égoïste qui ne pense qu'à soi; que suis-je et
[1] Voir page précédente, note 2.
[2] Hillel aime les antithèses et les jeux de mots ; il parle des deux extrêmes ; il les a connues toutes les deux ; d'un côté, Thomme qui ne sait ni lire ni écrire ; de l'autre, celui qui est arrivé au plus haut degré, et qui a obtenu le kether thorah^ la couronne de la sagesse. Les grandeurs sont pleines de périls; maïs celui qui ne iait pas de progrès, ne vit pas [jeu de mots : mosiph, faisant ries progrès; yasif, périr] ; Tigaoraiice est un crime capital, mais la couronne est une ambition dangereuse.
quelle valeur peuvent avoir mes propres intérêts, pour qu'elles deviennent le but de mon existence? Il faut donc que je travaille pour mes semblables, et que la société soit le but de ma vie. Ce que je peux faire à présent, il ne faut pas Fajourner à demain) .
Schamaï dit : Que ton savoir et ton instruction deviennent tes occupations constantes et le but auquel tendraient toutes les autres affaires; promets peu et tiens beaucoup, et reçois tout le monde avec bienveillance.
Rabban Gamaliel dit : Procure-toi un rabbi, et débarrasse-toi de la responsabilité des choses douteuses ; ne prends pas Thabitude de donner tes dîmes approximativement sans une mesure exacte, c'est-à-dire qu'il faut qu'il n'y ait de doute nulle part, qu'on sache bien ce qu'on fait, et qu'on, se rende un compte exact de tout.
Son fils Simon dit : J'ai passé toute ma vie parmi les sages, et je n'ai rien trouvé pour l'homme de mieux que le silence, [il ne faut pas troi^ parler de vertus, car] Tessentieln'est pas la théorie, mais la pratique; et celui qui parle beaucoup amène des péchés.
Rabban Simon, fils de Gamaliel, dit : Le monde est basé sur trois choses : la justice, la vérité et la paix.
PEREK IL
Rabbi dit : Quel est le chemin droit que l'homme doit choisir? C'est celui qui est agréable à Dieu et honorable aux yeux des hommes. Sois diligent et attentif pour les bonnes actions qui semblent
• fV*-*
avoir peu de valeur, comme pour celles qui sont très-importantee , car tu ne sais pas comment elles seront récompensées. Compare le dommage qu'une bonne action peut te causer, avec la récompense qu'elle amènera, et le profit (passager) d'une mauvaise action avec la punition qu'elle entraîne. Pense à ces trois choses [1] et tu ne pécheras pas. Sache ce qui est au-dessus de toi, où Dieu te regarde, où il t'entend et où il inscrit toutes tes actions.
Rabban Gamaliel^ fils de rabbi Joudah le nassie, dit : Il est bon de posséder la thorah^ et d'avoir en même temps un métier; l'occupation de l'une et celle de l'autre font qu'on oublie de penser au péché. La thorah sans métier finit par se perdre, et elle amène le péché. Tous ceux qui ont des fonctions publiques à remplir, doivent le faire pour leurs concitoyens, au nom de Dieu, c'est-à-dire avec conficmce et désintéressement, car le mérite de leurs pères les favorisera et leur justice demeure à perpétuité [Psaumes, GXII, 9], et vous, fonctionnaires publics, on vous le comptera en vous donnant une grande récompense, comme si vous aviez obtenu tout le résultat
[4] Ces trois choses sont celles qu'il vient de dire, savoir 1 1) le choix du chemin ; 2] Timportance de toutes les bonnes actions ; 3) la comparaison de ce que les actions apportent actuellement avec leur résultat final.
On ne peut pas admettre que les trois choses sont celles qui suivent, savoir : l'œil qui voit, Toreille qui entend et l'enregistrement des actions; car d'abord, tout cela n'est qu'au figuré, Dieu n'a ni yeux ni oreilles; ensuite, il n'y a pas de motifs de s'arrêter au nombre de 3 ; on pourrait encore ajouter le cœur, les reins, etc.i dont la Bible parle souvent. Enfin, si les trois choses étaient ce qui suit, le texte ne devrait pas interrompre renchainement des idées par la phrase : c sache ce qui est au-dessus de toi. o
par vous-mêmes. Soyez circonspects dans vos relations avec les hommes du pouvoir, car ils n'accordent leurs prévenances aux gens que dans un but égoïste; ils paraissent être des amis quand un homme leur est utile, mais ils ne l'aident pas quand il est malheureux* Il avait rhabitude de dire : Fais la volonté de Dieu comme tu fais la tienne, pour qu'il fasse la tieime comme il fait la sienne ; renonce à ta volonté pour la sienne, pour qu'il rejette celle des autres pour la tienne,
Hillel dit : Ne te sépare pas de la société; n'aie pas trop de confiance en toi-même, mais sois plutôt méfiant contre toi-même jusqu'à ta mort. Ne juge pas ton prochain avant de te trouver dans sa position; ne raconte pas une chose impossible [à ton avis] d'être connue, car elle finira par être connue; c'est-à-dire ne confie pas à la légère un secret, croyant que personne ne pourra l'apprendre, car tu peux te tromper, et le secret pourra être connu à la fm. Ne dis pas : Je ferai mes études quand j'aux^ai le temps; peut-être que tu n'auras jamais de temps. Il avait encore l'habitude de dire: Un ignorant (pour) ne sait pas se garantir de péchés ; un am haarez n'est pas un hassid [1 ] ; un homme qui est trop timide, ne peut pas s'instruire; un homme colère ne peut pas instruire les autres ; ce n'est pas toujours celui qui fait beaucoup de commerce, qui devient intelligent; là où il n'y a pas d'hommes capables, tâche de l'être toi-même. C'est aussi Hillel qui, en voyant une tête nager sur l'eau, lui a dit :
[1] Attaché aux loi» nationales par piété patriotique (v. la signi* iication d'am haarez plus bas, traité Bekhoroih, foL 30).
Tu en avais noyé d'autres, c'est pourquoi on t'a noyé, et ceux qui t'ont noyé, finiront par subir le même sort. Il avait encore l'habitude de dire : Plus un individu a d'embonpoint, plus il y aura de vers pour le manger après la mort ; plus on a d'argent, plus on a de soucis; plus on a de femmes, plus il y a de sorcellerie [1]; plus on a de femmes esclaves, plus on augmente la fornication ; plus on a d'hommes esclaves, plus il y a de brigandage. Mais plus on a de savoir^ plus on vit; plus on a de disciples, plus on propage la sagesse; plus on prend de conseils, plus on a d'intelligence ; plus on pratique la bienfaisance et la charité, plus on entretient la paix et la prospérité. Celui qui a acquis une bonne renommée, a fait l'acquisition pour soi-même ; et celui qui possède les paroles de la thorah, possède la vie du monde futur.
Rabban Johanan, fils de Zakkaï, a reçu la tradition de Hillel et de Schamaï. Il avait l'habitude de dire ; Si tu as appris beaucoup de thorah, n'en sois pas fier, car tu as été créé pour cela, c'est-à-dire : tu n'as fait que ton devoir.
Rabban Johanan, fils de Zakkaï, avait cinq disciples : rabbi Eliezer, fils d'Hirkanos ; rabbi Josué, fils de Hananiah ; rabbi Jossé le cohen ; rabbi Simon, fils de Nathanel, et rabbi Elazar, filsd'Arakh. Voici comment il faisait leurs éloges : Rabbi Eliezer, fils d'Hircanos, dit-il, est comme un puits enduit de chaux, qui ne perd pas une goutte
[1] Les femmes, êtres de sentiment, sont plus accessibles à la religion, mais aussi à la superstition. Le Thalmud dit^ en plusieurs endroits, que la sorcellerie était plus souvent pratiquée par des femmes que par des hommes.
d'eau (il a une mémoire excellente). Rabbi Josué, dit-il, heureuse sa mère (il est très-populaire, tout le monde l'aime, et dit : heureuse sa mère). Rabbi Jossé est un hassid^ pieux par dévouement et par amour [v. p. 147]. Rabbi Simon, fils de Nathanel, a toujours soin d'éviter le péché. Rabbi Elazar, fils d'Arakh, est comme une source qui s'agrandit toujours. (Les idées deviennent chez lui des sources fécondes par suite de sa sagacité.) Il disait que rabbi Eliezer, fils d'Hircanos, a plus de valeur que tous les docteurs ensemble. AbaSaul dit que c'était de rabbi Elazar, fils d'Arakh, que rabban Johananadit, qu'il a plus de valeur que tous les docteurs ensemble.
Il leur dit un jour : allez réfléchir pour savoir ce qu'il y a de mieux pour l'homme, pour qu'il cherche à en faire l'acquisition et à s'y attacher. Rabbi Eliezer dit: un bon œil [1]. Rabbi Josué dit : un bon collègue. Rabbi Jossé dit : un bon voisin. Rabbi Simon dit : la prévoyance de l'avenir. Rabbi Elazar dit : un bon cœur. Mais leur maître leur dit : les paroles de rabbi Elazar me plaisent/ car elles renferment les vôtres, c'est-à-dire, quand on a un bon cœur on a tout. Le même maître leur dit encore : allez réfléchir pour savoir ce qu'il y a de pire pour l'homme, pour qu'il cherche à s'en éloigner. Rabbi Eliezer dit : un mauvais œil [1]. Rabbi Josué dit : un mauvais collègue. Rabbi Jossé dit : un mauvais voisin. Rabbi Simon dit : emprunter et ne pas payer, car emprunter à un homme,
[l] Avoir un mauvais œil, veut dire être jaloux sur le bonheur d*autrui; par conséquent avoir un bon œil désigne une disposition opposée : se réjouir du bonheur d'autrui.
c'est comme si on empruntait à Dieu. Rabbi Elazar dit : un mauvais cœur. Mais leur maître leur dit: les paroles de rabbi Elazar me plaisent, car elles renferment les vôtres. Voici les sentences de chacun de ces cinq disciples :
Rabbi Eliezer dit : Que Thonneur de ton prochain te soit aussi cher que le tien ; ne sois pas facile à te mettre en colère ; repens-toi de tes péchés au moins un jour avant ta mort. Chauffe- toi au feu des sages, mais prends garde de ne pas te brûler par leurs cha^ bons ardents [1].
Rabbi Josué dit r Un mauvais œil [2], le yetzer hara, (les mauvaises passions), la misanthropie, font la perte d'un homme.
Rabbi Jossé dit : Que l'argent de ton prochain te soit aussi cher que le tien ; fais des préparatifs pour étudier la thorah [3], car elle ne te viendra pas par héritage, c'est-à-dire quoique ton père soit savant, tu dois faire des études comme un autre ; et que toutes tes actions soient faites au nom du ciel, c'està-dire pour l'amour de Dieu et avec désintéressement.
Rabbi Simon dit : Sois attentif à faire comme il
[IJ Ce rabbi Eliezer, fils d'Hîrcanos, eut des discussions avec ses collègues, qui ont fini par l'éloigner d'eux- 21 Voir la note de la page précédente.
3] Le texte dit thorah^ qu'il faut ici traduire la science^ c'est-àdire toutes les sciences qu'on connaissait ô cette époque, et non pas seulement la Bible. La Bible était le centre autour duquel se grouoaient toutes les sciences. On ne pouvait pas avoir une connaissance complète de la Loi biblique, si on ignorait une seule science. Il fallait les étudier toutes, môme celles dont la pratique était défendue, comme la sorcellerie. C'était l'opinion des thalmudistes et aussi de Pbilonî
faut la récitation du schma [1] et la prière qu'on appelle thphilah^ prière par excellence [la prière des dix-huit bénédictions] ; ne fais pas ta prière comme on fait quelque chose pour s'acquitter d'un devoir, mais comme une véritable prière et une supplique que tu adresses à Dieu qui est miséricordieux; et ne te considère pas toi-même comme un homme pervers, c'est-à-dire ne désespère pas à cause de tes péchés, car Dieu peut les pardonner.
Rabbî Elazar dit : Sois assidu dans l'étude de la thorah^ pour que tu saches répondre à un épicouros ; sache devant qui tu travailles ; celui qui a commandé l'ouvrage [c'est-à-dire Dieu] mérite confiance, il te paiera le salaire de ton travail.
Rabbi Triphon dit : Le jour est court, c'est-à-dire la vie est courte, les travaux sont nombreux, les ouvriers sont paresseux, le salaire cependant est très-considérable, . et celui qui a commandé l'ouvrage [Dieu] presse qu'on travaille. Il avait l'habitude de dire : Tu n'es pas chargé de finir l'ouvrage, mais tu n'es pas libre de t'en affranchir. Si tu as appris beaucoup de thorah, on te donnera beaucoup de salaire. Celui qui t'a commandé l'ouvrage mérite confiance; il te paiera le salaire de ton ouvrage. Et sache que le salaire des hommes justes sera payé dans l'avenir [leathid labo].
PERÈK III.
Akabia , fils de Mahalalel , dit : Pense à trois
choses et tu ne pécheras pas : sache d'oii tu es
~ — Il - — ■
[l] La récitation commence par le mot sc?ima, écoute Israël, Jéhovah est notre Dieu, Jéhovah est un*
venu, où tu vas, et devant qui tu rendras compte de ta conduite. D'où es-tu venu? D'une goutte corruptible [le sperme]. Où vas-tu? Dans un endroit de la terre plein de vers. Devant qui rendras- tu compte? Devant le Roi des rois, le Très-Haut, béni soit-il.
Rabbi Hanina, le segan [i] des prêtres, dit : Prie pour la prospérité du gouvernement, car sans la crainte de ce gouvernement, les hommes s'avaleraient l'un l'autre vivants.
RabbiHanina, fils de Thradion, dit: Quand deux personnes se trouvent ensemble et qu'elles ne parlent pas de la thorah^ c'est une séance de moqueurs,c'està-dire d'hommes qui s'occupent de choses futiles. Mais quand deux personnes se trouvent ensemble et qu'elles parlent de la thorah^ Dieu est avec elles. Un homme qui s'occupe même isolément de la thorah, aura sa récompense.
Rabbi Simon dit : Quand trois personnes se mettent à table pour faire un repas ensemble, et qu'elles ne parlent pas de la thorah, c'est comme si elles faisaient un repas païen des sacrifices des idoles. Mais si trois personnes se mettent à table et parlent de la thorah, c'est comme si elles étaient à la table de Dieu.
Rabbi Hanina, fils de Hakhînaï, dit : Celui qui veille la nuit, qui se met seul en route, ou qui ne veut penser qu'aux choses futiles, est lui-même la cause de sa perte.
[1] Segan est un mot souvent répété dans la Bible, et signifie chef. Le segan était donc le chef des prêtres, mais il était inférieur au grand-prôtre, dont il était le subordonné et le remplaçant, il était le vice-grand-prôtre [v. Traité Zebahim, f. 102, recto et Horjoth, fol. 43, recto].
Rabbi Nehounia, fils de Hakanah, dit : Celui qui se met sous le joug de la thorah, sera affranchi du fardeau lourd que la tyrannie ou les conditions de la vie imposent; l'individu qui s'affranchit du joug de la thbrah, sera soumis à celui de la tyrannie et des conditions de la vie.
Rabbi Halaphtha^ habitant du village Hanania, dit : Quand dix personnes se trouvent ensemble et s'occupent de la ihorahy Dieu est avec elles ; même cinq ou trois et mêmb deux, ou si un seul s'occupe de la thorah^ Dieu est avec lui.
Rabbi Elazar, de Barthotha, dit : Donne à Dieu ce qui lui appartient, car toi-même, et tout ce que tu possèdes, appartient à Dieu ; c'est ce que David a dit : « Tout vient de toi, et l'ayant reçu de ta main, nous te le donnons » [I. Chroniques, XXIX, 14].
Rabbi Simon dit : Celui qui s' occupant de ses études en chemin, les interrompt pour regarder la beauté des arbres et des champs, est lui-même la cause de sa perte [1].
Rabbi Dosthaï, fils de rabbi Janaï, dit, au nom de rabbi Meyer : Celui qui oublie une chose de ses études est lui-même la cause de sa perte ; il ne s'agit pas de celui qui l'oublie sans le vouloir, mais de celui qui le fait volontairement.
[i] Dans le traité Berakhoth [fol. 3b, verso], on raconte que ce rabbi Simon, qui était le fils de Johaï, voulait qu'on abandonnât toutes les affaires pour ne s'occuper que de la thorah, mais la ghemara ne l'approuve pas. Comparez les passages : « Ne soyez pas en souci, disant : Que mangerons-nous, que boirons-nous, ou de quoi serons-nous vêtus ? Car ce sont les païens qui recherchent
toutes ces choses Cherchez le royaume de Dieu et sa justice,
et toutes ces choses vous seront données par-surcroît» [St. Matth., VI, 31-33].
Kabbi Hanina, fils de Dossa, dit : Si un individu arrive à la crainte du péché avant d'acquérir la sagesse, cette sagesse lui reste; mais elle ne reste pas chez ceux qui l'acquièrent avant d'arriver à la crainte du péché. Il avait l'habitude de dire : Si un individu a plus de bonnes actions qu'il ne possède de sagesse, la sagesse lui reste; mais s'il a plus de sagesse que de bonnes actions, la sagesse ne lui reste pas. Il avait encore l'habitude de dire : Si le monde est content d'un homme, Dieu est également content de cet homme; mais Dieu n'est pas content de celui qui est insupportable aux gens.
Rabbi Dossa, fils de Harkhinos, dit ; Le sommeil du matin [Proverbes, VI, 10, XXIV, 33], le vin du midi [1], le bavardage des jeunes gens, les assemblées et les réunions des amé haaretz [v. plus bas, traité Bekhoroth, fol. 30], sontla perte d'un homme.
Rabbi Elazar, le Modaï [nom d'un endroit], dit : Celui qui profane les choses sacrées, qui méprise les fêtes, qui fait pâlir son prochain de honte [2], celui qui rejette l'alliance d'Abraham, notre père (la circoncision), et celui qui donne des interprétations de l'Ecriture [3] contraires à la halakhah^ loi tradition-
[1] Comparez le passage : a Ces gens-ci ne sont point ivres, comme vous le pensez, puisqu'il n'est encore que la troisièoie heure du jour» [Actes, II, 15]. On ne buvait du vm que vers niidi pendant le repas, et non pas dans la matinée.
[2] Comparez le passage : « Celui qui dira à son frère Raca, rrexpression thalmudique est rekaht vide, vaurien], sera puni » [St. Matth.,V, 22].
[3] Le texte dit megaleh panim bathorah] dans le traité Bvnhe^ drin [fol. 103, verso], une beraïtha dit que aMenasseh hegah schonéh 55 panim bethoratk,.,, Achab 85, Jéroboam 103.» On voit donc que l'expression panim bathorah veut dire un certain mode d'interprétation de la thorah. Le commentaire dit megaleh panim est synonyme de az panim^ téméraire. Où sont les preuves? D'après ce commentaire, les mots sckelo khe-halakhah semblent inutiles.
nelle, n'aura paa de part dans le inonde futur {olam haba)j quoiqu'il possède la thorah et qu'il ait fait de bonnes actions.
Rabbi Ismaël dit : Sois petit devant le chef, convenable et doux devant un jeune homme, et reçois tout le monde avec plaisir.
Rabbi Atiba dit : Les plaisanteries et les manières înconvenables amènent la fornication. La massorah^ tradition, est une haie à la thorah^ la Bible [1] ; les dîmes sont une haie à la richesse [elles protègent la richesse] [1]; les vœux sont une haie à l'abstinence; le silence est une haie à la sagesse. Il avait l'habitude de dire : L'homme [Adarn] est la créature bienaimée, puisqu'il a été créé à l'image de Dieu [2], et c'est là un témoignage extraordinaire d'amour, qu'on lui a fait connaître ,-qu'il a été créé à l'image de Dieu, car il est écrit : « Il créa Adamk l'image de Dieu » [Genèse, IX, 6]. Israël est un peuple bien-aimé,puisqu'ils sont appelés fils de Dieu [3], c'est là un témoignage extraordinaire d'amour, qu'on leur a fait connaître qu'on les appelle fils de Dieu, car il est écrit :
[4] La thorah veut dire ici la Bible. Elle présente des variantes, et de variantes en variantes on aurait pu arriver à ne plus avoir de texte sûr; mais la massorah a conservé le texte dans sa pureté. La fortune est une déesse inconstante, mais les dîmes qu'on donne aux pauvres et aux lévites qui n'ont pas d'autre moyen de vivre, préservent la richesse de tout accident, car Dieu la protégera.
[2] Rabbi Akiba dit donc ici que les païens s'appellent adarriy comme les Juifs [v. ma préface de ma Législation criminelle], et que les idolâtres sont des créatures bien-aimées, créées à l'image de Dieu, comme les Juifs. Il est évident que rabbi Akiba parle ici de tous les peuples qu'il appelle a^iam ; cardans la phrase suivante où il ne parle que des Juifs, il les appelle /^roê/.
[3] Comparez: «C'est ioi mon fils bien-aiméi» [St. Matth., UI, 17].
«Vousêtesles fils de Jéhovah, votre Dieu « [Deutéron., XIV, 1]. Israël est un peuple bien-aimé, puisqu'ils ont reçu le bijou [la thorah]; c'est là un témoignage extraordinaire d'amour, qu'on leur a faitconnaître la valeur de ce bijou, par lequel le monde a été créé [1], car il est écrit : « Je vous ai donné une très-bonne loi, n'abandonnez pas ma ^A(?m A » [Proverbes, IV, 2]. Tout est vu [par Dieu], mais une liberté complète est donnée aux hommes d'agir comme ils veulent ; le monde est jugé [par Dieu] avec bienveillance, et tout dépend de ce qui prédomine chez l'homme; c'est-à-dire, si un homme a commis une mauvaise action, il est jugé avec bienveillance, si c'était là une exception dans sa conduite, et si ses antécédants sont bons ; tandis que Dieu le juge plus sévèrement si l'homme a l'habitude de cette mauvaise action, en la répétant dans la plupart des occasions qui se présentent [2]. Il avait encore l'habitude de dire cette parabole : On donne tout à crédit, mais le piège est tendu pour tous les vivants [3] : la bou-
[1] La thorah, disent les thalmudistes ailleurs, a été créée avant toute création, et c'est par elle que tout a été créé. Comparez le logos de Philon, et le Verbe : « La parole était au commencement avec Dieu, toutes choses ont été faites par elle... [Jean, I, 2-4]. Les versets 2, 3 et 4 sont complètement conformes aux idées thalmudiques de la thorah; seulement le verset: «cette parole était Dieu, » est contraire aux idées juives.
[2] Le texte dit : «Tout dépend de la majorité de Taction,» cela veut dire « la majorité [des casj de la conduite. » Je crois que cette explication est plus rationnelle que celle qui compte les actions : un juste serait celui qui aurait commis 21 bonnes actions et 20 mauvaises, etc. Les actions ne se comptent pas, elles se pèsent, et surtout dans la justice de Dieu, qui seul peut les bien peser.
[3] C'est-à-dire, Dieu laisse à Thomme tout faire, il semble lui tout permettre et avoir confiance en lui, puisqu'il lui donne la li-
tique est ouverte, le boutiquier donne tout à crédit, le livre est ouvert [où le boutiquier inscrit tout ce que les clients prennent], la main [du boutiquier] inscrit tout, tous ceux qui veulent emprunter quelque chose, peuvent venir et emprunter; mais les receveurs vont tous les jours se faire payer du débiteur, qu'il le sache ou qu'il ne le sache pas [1], et ces receveurs ont des preuves à l'appui; le jugement est un jugement de vérité; et tout le monde est finalement destiné au repas, c'est-à-dire qu'après l'expiation des péchés, tout le monde aura sa part dans le monde futur [2].
Rabbi Eliezer, fils d'Azariah, dit : S'il n'y a pas de thorah^ il n'y a pas de derekh eretz [3]; s'il n'y a pas de derekh eretz, il n'y a pas de thorah; s'il n'y a
berté complète de se conduire et de conduire les autres comme il l'entend ; mais cette liberté ressemble à un piège, qui peut le perdre, s'il ne se garantit pas du péché.
[i] L^homme est souvent puni [pour un péché], sans qu'il cgnnaisse le motif de sa punition.
[2] Comparez le repas des noces qui représente le monde futur, « celles qui étaient prêtes entrèrent aux noces » [Matthieu, XXV, 10] ; « plusieurs seront à table au royaume des cieux » [Matthieu, VIII, li; Luc, XIII, 29] ; «je boirai dans le royaume de mon père » [Matthieu, XXVI, 29; Marc, XIV, 25].
[3] On voit que ce rabbi Eliezer affecta, pour ses sentences, une forme particulière, qui rend la pensée un peu obscure. L'expression derekh eretz ^ chemin du pays, veut dire d'ordinaire le chemin dans lequel marchent les h£d)itants du pays, mœurs du pays, ou simplement mœurs ou convenance ; par extension, on peut comprendre par ces mots non-seulement les mœurs ou la conduite d'un homme, mais aussi ses occupations, son métier, sa profession. Il est probable que rabbi Eliezer veut dire ici ce qu'a dit plus hautrabban Gamaliel, fils de rabbi Joudah, le nassie. a II est bon de combiner l'étude de la thorah avec le derekh eretz, un métier. » La thorah sans métier finira par se perdre... [Voir p. 146]. Rabbi Eliezer veut donc dire : le métier sans la thorah n'a pas de valeur; la thorah sans métier est impossible; de môme qu'il dit à la fin
pas de sagesse, il n'y a pas de respect [1] pour Dieu; s'il n'y a pas de respect, il n'y a pas de sagesse. S'il n'y a pas d'intelligence, il n'y a pas de savoir; s'il n'y a pas de savoir, il n'y a pas d'intelligence. S'il n'y a pas de farine [de pain pour manger], il n'y a pas de thorah ; s'il n'y a pas de thorah^ il n'y a pas de farine [2].
Il avait l'habitude de dire : Celui qui a plus de sagesse que de bonnes actions^ est comparable à un arbre qui a beaucoup de branches et peu de racines; le vent vient et arrache l'arbre et le renverse. Mais celui qui a plus de bonnes actions que de sagesse, est comparable à un arbre qui a peu de branches et beaucoup de racines; tous les vents du monde peuvent venir, l'arbre reste en place.
Rabbi Eliezer, fils de Hisma, dit : Les kiniriy nids d'oiseaux, et les divisions de nid ah (une femme à l'époque des menstrues), constituent des parties essentielles de la loi;, mais les ikkouphoih, les circulations [du soleil, de la lune et des astres], et les sciences géométriques, sont les parties délicieuses de la sagesse [3].
que l'étude de la thorah est impossible! si Ton n'a pas de pain à manger, et que le pain sans la thorah n'a aucune valeur.
[1] Le texte dit yrah, qui veut dire crainte ou respect. Je crois <}u'ici le mot signifie respect. On ne peut pas respecter Dieu comme il faut) sans posséder la sagesse, et la sagesse sans respect de Dieu est vaine fv. Proverbes, I, 7].
[!2] Voir la page précédente note 3«
[3] Kinin est le nom d'un traité Thalmudique, qui parle des ci- Beaux qu'on apportait en sacrifice au temple. Nidah est le nom d'un autre traité qui parle de la femme à l'époque des menstrues [Lévi*tique, XV| 25]. Les divisiuna d*un traité s'appellent d'habitude,
ABOTH. i59
PEREK IV.
Le fils de Zoma dit : Qui est sage? C'est celui qui apprend de tout le monde« Qui est un héros? C'est celui qui a vaincu ses propres passions. Qui est riche? C'est celui qui est montent de ce qu'il possèdoi car il est écrit : a Si tu manges ce que tu as gagné par le travail de tes mains^ tu seras bien heureux et tu prospéreras » [Psaumes, CXXVIII, 2]. Qui est un homme honorable? C'est celui qui honore les autres/
Le fils d'Azaï dit : Cours après une bonne action
daDs le Tbalmud, pereh, membre; mais on y trouve aussi le nom de baba^ porte, comme le grand volume de la législation qui a été divisé en trois parties : Baba kama, première porte ; Baba metzia^ porte moyenne \lBaba bathra, dernière porte. Or, ces trois portes ne font qu'un seul traité, comme rab Joseph Ta dit [v. Traiié abodah zarab, fol. 7, recto].
Le texte dit ici pithehé nidaht j6 crois qu'il fout le traduire : « les portes [de nos jours on dirait les chapitres] du Traité intitulé nidah, Rabbi Bliezer parle donc des deux traités thalmudiques qui, par leur contenu, -ne sont pas les parties les plus agréables pour l'étude, et qui même n'ont guère d'intérêt pratique, car kinin ne s'occupe que des sacrifices du temple qui est détruit, et le traité nidah renferme il est vrai quelques lois pratiques^ mais la ploB grande partie se rapporte aux lois de pureté qui ne sont plus obligatoires depuis la destruction du temple. Voici donc, dit rabbi Eliezer, deux traités thalmudiques, les moins agréables et les moins pratiques, qui font cependant partie essentielle de notre loi sacrée: et voici deux sciences des plus considérables et des plus intéressantes : l'astronomie et les mathématiques, qui ne font pas partie de notre loi sacrée, mais qui sont des sciences délicieuses. On sait que les thalmudistes attachaient une grande importance à l'étudede toutes les sciences, les considérant comme auxiliaires indispensables pour bien comprendre la thorah ; oomme le grand philosophe juif, Philon, dit qu'il est indispensable d'étudier toutes les sciences^ pour arriver à bien comprendre la philosophie et la théologie.
de peu d'importance, avec le même empressement avec lequel on court après une action d'une grande valeur, et fuis le péché ; car une* bonne action en amène une autre, et un péché en entraîne un autre ; pour récompense d'une bonne action, tu seras mis à même d'en faire une autre, et pour punition d'un péché, tu seras entraîné à en commettre un autre. Il avait l'habitude de dire : Ne méprise personne, et ne dis de rien qu il n'a guère de valeur, car il n'y a personne qui n'ait son moment d'importance, et il n'y a rien qui n'ait sa place.
Rabbi Levitas, habitant de Jabneh, dit : Sois extrêmement modeste, car l'homme est destiné à être mangé par les vers.
Rabbi Johanan, fils de Broka, dit : Celui qui profane le nom de Dieu en cachette, en sera puni en public. On est puni pour le hiloul ha-schern [profanation du nom de Dieu], qu'on l'ait commis volontairement ou involontairement [1].
Rabbi Ismaël dit : Celui qui apprend pour enseigner, sera mis à même d'apprendre et d'enseigner; celui qui apprend pour pratiquer, sera mis à même d'^apprendre, d'enseigner, d'observer les commandements et de les pratiquer.
Rabbi Tzadok dit ; Ne fais pas de la thorah une couronne pour t'en glorifier, ni une bêche pour
[1] Gela veut dire qu'on est , responsable des conséquences d*un hiloul haschem involontaire, si on ne cherche paa à le prévenir. C'est dans le même sens que la mischnah dit : « Un homme est toujours un wouad, qu'il fasse le dommage volontairement ou involontairement » [v. traité Baba kama^ fol. 26, recto].
creuser aux champs ; c'est-à-dire qu'il ne faut pas chercher un profit personnel de la science de la thorah, ni pour satisfaire son ariabition, ni pour gagner sa vie.
Hiilel l'a dit aussi : « Celui qui fait usage de la couronne [de la sagesse] est perdu » [voir plus haut, les paroles de Hiilel, p. 144]; d'où il résulte que celui qui cherche un profit égoïste de la thorah^ abrège ses jours [i].
Rabbi Jossé dit : Celui qui honore la thorah^ sera
[1] Le commentaire cite l'illustre Hiilel lui-môme, devenu plus tard chef de la nation, qui fendait du bois pour gagner sa vie ; Hanina, fils de Dossa [v. ses sentences, perek 3, p. 154], n'avait pas de pain à manger, et se contenta pour toute la semaine d'un kah^ mesure, de caroubes. Karna, un juge en Palestine, puisait de Teau des puits, et quand des plaideurs se présentaient devant lui pour qu'il les juge, il leur disait: Procurez-moi quelqu'un pour taire ma besogne, ou payez-moi le dommage que j'aurai par la perte du temps. Rab Joseph était porteur de bois, et il disait que le travail est bon, parce qu'il échaufle l'ouvrier.
Il cite encore deux histoires, pour prouver quelesThalmudistes considéraient comme un péché de chercher un profit de la science. Un homme avait une vigne, et il s'apercevait qu'on le volait, mais il ne put jamais savoir qui est le voleur. Un jour, rabbi Triphon vint là par hasard, et ramassa quelques raisins tombés parterre. Le propriétaire de la vigne le voyant et ne le reconnaissant pas, crut que c'était le voleur, et le saisit en fureur pour le jeter dans l'eau ; rabbi Triphon dit alors à soi-même : « quel malheur pour toi Triphon de te trouver dans ce danger 1 Le propriétaire l'ayant entendu, le laissa libre et se sauva. Dès ce jour, rabbi Triphon avait des remords toute sa vie d'avoir profité de sa science qui imposa au propriétaire, et de ne pas avoir pensé à se racheter avec de l'argent ; car rabbi Triphon était riche.
Rabbi Joudah, le saint, fit, dans une année de famine, la distribution gratuite des vivres aux savants [ne pouvant pas le faire pour tout le monde]. RabbiJonathan, fils d'Amram, se présenta. Rabbi Joudah lui demande : as-tu appris quelque chose? Rabbi Jonathan répondit : Je n'ai rien appris, mais je demande la nourriture, puisque Dieu la donne même aux chiens et aux corbeaux.
honoré des hommes ; celui qui profane la thorah , sera méprisé par les hommes.
Rabbi Ismaël dit : Celui qui s'abstient de juger, ne s'attire pas de haine, ni le péché de donner à Tun ce qui appartient à Tautre, . ni de faire prêter sermuç^t ii^utileqaaiit ; celui qui est trop hardi dand les jug^m^nts, est fou, méchant, effronté. Il avait l'habitude dd dire } Ne juge pas seul, car il n'y a qu'un [Dieu] qui juge seuL Ne dis pas à tes épilogues qui jugent autrement que toi : acceptez mon idée; ceuxlà [étant la majorité] peuvent te forcer de céder, mais toi, tu ne peux pas les forcer.
Rabbi Jonathan dit: Celui qui observe les lois delà thomh dans la pauvreté^ finira par les observer dans la richesse ; celui qui les transgresse dans la richesse, finira par les transgresser par suite de la pauvreté.
Rabbi Meyer dit : Occupe-toi peu du commerce, pour que tu aies plus de temps à donner à la thorah. Sois ij^odest^ devant tout le monde. Si tu négliges Tétude de la thorah^ tu auras beaucoup d^empêehements à le faire; si, au contraire, tu te donnes la peine de l'étudier, il y aura beaucoup de salaire pour toi.
Rabbi Eliezar, fils de Jacob, dit : Celui qui fait une seule bonnç action se procure up p^rç^klet [1], défendeur; celui qui commet une seule mauvaise action, diwncategor [1], accusateur, ha. t/iesphoubiiLh^ le
[i] Le Thalmud transcrit les mots grecs exactement, mais la désinence est souvent rejetée, comme poraclet cour paraclet^os, categor pour categor-os. D'autres fois elle est conservée, comme dans epiirop-os, et au fémin. êpitr^*é; cependant, le pluriel est epitrop- «», avec une désinence chaldéique, qui remplace la désinence de la forme grecque epitrop-oû
ifctoar à Dieu, et les bonnes actions gont coniine un bouclier devant la pouranoth, expiation du pé^ ché.
Rabbi Johanqm, le cordonnier, dit i Toute assemblée qui se fait au nom da Dieu [dans un but de vertu], seira durable i mais si alla ne se fait pas au nom de Dieu, elle ne sera pas di^rable.
Rabbi Elazar, fils de Schamoua, dit c Que Pkonneur de ton disciple te soit eher comme le tien, et rbonneup de ton collàgue comme le respect pour ton maître, et le respect de ton maître comme celui que tiji 4^i& à Dieu.
Rabbi Joudah dit ; Prends garde de ne pas te tromper dans Tétude, car ces erreurs peuvent compter pour des actes volontaires.
Rabbi Simon dit : ïl y a trois couronnes : la couropne 4e la, thorah^ celle de Ijel prètnsie et celle de la royauté ; mais la couronne d'une bonne renommée vaut miei^x que toutes les ^autres,
Rabbi Nehoraï dit -: Va en exil (s- il le faut) pour arriviBr 1§, ou on apprend la thQmh > ©t fle à\^ p^aô qu'elle viendra te chercher ; car tes collègues [qui sont 1a] t'Ai4erjpjijti jBi ftpquéifir nije ^cienpe ^olid^, ai ne te fie pas à ta seule intelligence.
i^a^ti Jjaij.9,ï d^t ; Nous n'avon? pas cas fortun-jç^ extraordinaires dont jouissent [souvent] les scélérats, ipaie W,U3 R aypus p3^ non plii§» .çps gria»des souffrances dont les justes sont [souvent] accablés.
RaJ)bî Mathi^., fils àoi Hapfli^cb, 4i!t ; 3Qis J^ pp^tr mter à saluer tout le monde; et sois plutôt le dernier des lions que le premier des rjen^^rds,
Rabbi Jacob dit : Ce monde-ci est comme le pros^
dour [1], Tavant-cour du monde futur. Prépare-toi dans Tavant-cour pour entrer dans le tridin [1], salon. Il avait rhabitude de dire : Une heure passée dans la tkeschoubah^ regret du péché, et dans la pratique des bonnes actions dans ce monde-ci, vaut mieux que la vie entière du monde futur, et une heure d'allégresse passée dans le monde futur, vaut mieux que la vie entière de ce monde-ci.
Rabbi Simon, fils d'Elazar, dit : Ne cherche pas à apaiser un homme quand il est encore en fureur, ni à le consoler quand son mort est encore devant lui, ni à le questionner quand il fait un vœu [2], ni à le voir au moment de sa honte.
Samuel, le petit, avait l'habitude de citer le pas-
[I] Prosdour^ vient de dour^ en hébreu tour y série, cercle, et de prélixe grecque, pros, en plus ; prosdour est donc la cour qui entoure la maison tout autour; le mot dour se trouve dans le traité Khelim [perek 16, mischnah, 3]. D'après l'Arouch, le mot vient de prostyra, mais ce mot ne se trouve pas dans le dictionnaire grec; les Thalmudistes, qui ne parlaient pas le grec, ne pouvaient accepter que des compositions grecques toutes faites, et non pas faire de compositions nouvelles de pros et de thyra. Tandis qu'il était plus naturel pour eux d'ajouter une préfixe à un mot chaldôen dour qui leur était connu. On ne comprend pas non plus comment tyra à pu se changer en dour, Tridin est le mot latin triclinium^ salle des repas. On a rejeté la désinence latine, traitant ce mot comme naturalisé.
["2] Celui qui a fait un vœu imprudent, et qui plus tard se trouve dans des circonstances imprévues, qui lui rendent Taccomplissement très-pénible, pouvait aller chez un rabbi qui le questionna sur les diverses circonstances pour trouver un moyen de Pen acquitter, en motivant l'acquittement par là rareté de la circonstance qu'il n'a pas pu prévoir. Mais si au moment qu'il fait le vœu, on lui rappelle toutes les circonstances qui pourraient bien se présenter et rendre pénible Taccomplissement, il est à craindre, que dans ce moment d'excitation morale il ne s'engage expressément à accomplir son vœu malgré toutes ces circonstances, de sorte que plus tard quand il sentira tous les inconvénients de son vœu, le rabbi ne pourrait plps l'en acquitter.
sage : « Quand ton ennemi tombe, ne t'en réjouis pas, et quand il bronche, que ton cœur ne s'en égaie pas, car Dieu le verrait et cela lui déplairait » [Proverbes, XXIV, 17, 18].
Elisa, fils d'Aboujah, dit : Celui qui enseigne un enfant, fait une impression durable, comme Tencre sur du parchemin neuf; celui qui enseigne un vieillard, fait peu d'impression, comme Tencre sur le parchemin dont on a effacé l'ancienne écriture [1].
Babbi Jossé, fils de Joudah, habitant d'un village de Babylone, dit : Celui qui apprend chez les jeunes gens, est comparable à celui qui mange des raisins qui ne sont pas mûrs, et qui boit le vin dans le pressoir; celui qui apprend chez les vieux, est comparable à celui qui mange des raisins mûrs et qui boit du vin vieux.
Rabbi dit : Ne fais pas attention au vase, mais à ce qu'il contient; car un vase neuf peut être plein de vin vieux, et une vieille cruche peut se trouver complètement vide.
Rabbi Eliezer ka-kapar dit : La jalousie, la passion et l'ambition perdent l'homme. Il avait l'habitude de dire : Ceux qui naissent sont destinés à mourir j les morts ressusciteront, et tous ceux qui seront alors en vie seront jugés. Ne crois pas que le schéol, le tombeau, te sauvera du jugement, car tu seras obligé de rendre compte de tes actions devant Dieu.
[1] Il fait allusion ici à l'habitude qu'on avait (rolVacer l'ancien manuscrit d'un parchemin pour y écrire de nouveau.
m Aé6if(.
PERBK V.
Trois qualités caractérisent lé^ dî^cipïefe de iîèitë pèr© Afrpahaih : nti hoh œil (la biëftvèilléhoé? éi la eharité), la modestie, ei ife Éê e(^rilérftéfitéôpë«[l}.
Joudah,' fii» d0 Thémfti dit : Sèfi^ hStdi ëcrfliÉhè ttô léopard^ légeï et vif a&mmë t^tt aig'le, courèW coinme tin èetf et fwt cotttttièf dti Hoftj p^oii]^ faîi^ë !* Teknt^ de toto père ^ui èôt dànS 1© eîel. I! àVàit l'itabittid© de dire : Un hdiffime effÉ^ontê îta dâîis Tèfife?, et im homtoe pttdîquè irë daris \ë gah èdèH^ le pÉtt^àdis. Il avait eneore rhàbîtûdë de dire : A l'â^ê dé § ans il faut edinmeftcër k étttdièr la Bièlfe; à Tâgfè delOanà &n cômMèiïiëe Tétâdé Ôè là ftiiSôIiTiah; à 13 ans on est obligé d'observer lèi èom-' maiïéeinénts ; àl9 feris oii eoràinèritië V êlUdé dé la ghemara; à i8 anè on est à Tft^e flëèë marier; h 20 ans ôir petit patÉ^âtiiVrë [à cet âgé dti af Hfe à dette majorité dans laquelle on est re§|J6hà8lblë de èêë aeteâ, et dttfta laquelle dfi est JJbtir^ûiVî et puni pbtir ses péchés, t. inëïi îiltroductîori de tilà Lê^ifelàtiOtt, t. lïf f. Mîn]\ a 80 ànà îëi fbrëeà sont développée^; à 40 âttS cri âtrîVe à rintëUi^ëiïdë; à BO anS on petit dëttnër desJ cofaseiîs; à 60 ah^ àh eii viëtti; â 70 ailà ôri est ùri Viëillarci; <ï(iàrid ëri
(1) Je crois que le bonceil veut dire bienveillance, charité, par opposition au ayin raah^ mauvais œil, qui veut dire jalousie, rouah nemoukhahy modestie, par opposition au rouah gebohah^ orgueil ; nephdÈCh schèphdlâh est opposé à nephesch rehahah, un homme qiii a des désirs nombreux.
iè n'adopte pas les interprétations du oommentaire qui ne sùnt pas fondées.
ABQfTB. iW
arrive à 80 ans, o'es^t qu'on a eu une constitution vigoureuse [v. Psaumes, XG, 10]; à 90 ans on est près du tombeau ; à 100 ans on est comme mort^ I Le fils dé Bag Bâg dit : Occupe-'toi toujouf s de là
thorak^ car elle renferme tout.
Le fils de He He dit : Le salaire sérci coMorme À la peiné,
PEREK VI.
Rabbi Meyer dit : Celui qiii s'occupe de la thorah lisckmah^ pour elle-même, et not pas dails tin but égoïste, mérite beaucoup de choses, il est même digne d'avoir tout ce qui existe dans le taonde entier. On l'appelle amî , bien-aimê ; îl aime î)ieti, il aime les hommes ; il fait plaisii* â Dieu et il fait plaisir aux hommes ; ses vêtements soilt Id md*dëstiB et le respect dé Dieu [1]. La thoràh le reiîd capable de devenir juste, pieux, droit et fidèle; elle l'éloighe du péché, elle l'aide à fdre dés acteâ tiiê'^ ritoires et à devenir juste et fîdèlé ; ses semblables peuvent profiter de ses conseils, de son intëlligetlfee et de ëâ force de caractère ; elle Itii dOniiè utiè royauté et utie souveraineté, et le talent d*exâmine^ les jugements [s'il est jtige]; elle lui fait découvrir ses mystères; il devient comnle une source qui liè tàt'it pas, et comme une rivière qui s'agrâtîdit toujours ; il ne cherche pas à se mettre en Vue pour être loué, il est longanime, îl pardonne les injures; elle le grandit eiifin, et le place pliis haiit que toutes les bonnes actions ii'auraient pu le faille.
[1] C*est une expression biblique, comme le passage : il s'est revêtu de la justice, etc.
Voici la manière de s'occuper de la thorah : Tu te contenteras [s'il le faut] de manger du pain avec du sel, de boire de Teau avec mesure, tu te coucheras sur la terre, tu mèneras une vie de privations pé nibles, et tu feras les études difficiles de la thorah. Si tu agis ainsi, tu seras heureux dans ce monde-ci et dans le monde futur. Ne cherche pas des grandeurs, et ne demande pas plus d'honneur que ton savoir ne le mérite. Ne porte pas envie à la table des rois, car ta table vaut mieux que la leur, et ta couronne est plus grande que la leur ; et tu peux avoir confiance en Dieu pour qui tu travailles , qu'il te paiera ton salaire.
La science de la thorah vaut mieux que la prêtrise et la royauté. On acquiert cette science de la thorah par les choses suivantes : l'étude, l'intelligence, le respect de Dieu et de ses lois, la modestie, le plaisir [il faut étudier avec plaisir], l'assiduité près des sages, la discussion des collègues et des disciples, ja tranquillité d'esprit, la lecture de la Bible et de la mischnah; il faut diminuer les occupations du commerce; il faut dormir peu, diminuer les distractions des plaisirs et des plaisanteries ; il faut être longanime, avoir un bon cœur, avoir confiance aux sages, accepter les revers de la vie avec résignation ; connaître sa place [ne pas vouloir plus qu'on ne mérite], être content de ce qu'on possède, faire une haie à ses paroles [ne pas . laisser les paroles sortir des limites convenables, être circonspect], ne pas se féliciter trop [ne pas avoir d'amour-propre]; être aimable, aimer Dieu et les hommes; aimer les bienfaisances, aimer les réprimandes [pour qu'on se cor-
ABOTH. ,'t'^î
rig^e], aimer la justice et Téquité, â'éloigiier des honneurs, ne pas s'enorgueillir de ses études, ne pas être trop content de ses décisions [ne pas en être trop fier]. Aider son prochain à porter le joug ; ne le juger qu'à son avantage [supposer plutôt que son prochain agit bien, que de le soupçonner d'une mauvaise intention] ; le ramener à la vérité [s'il s'égare], le ramener à la paix; se comporter pendant les études en homme réfléchi et modéré, demander [si on a des doutes] et répondre aux questions, écouter les autres et faire des progrès, apprendre dans le but d'enseigner aux autres, apprendre pour pratiquer et observer les préceptes ; rendre le maître plus savant [en discutant avec lui], retenir exactement ce qu'on entend, dire toute chose au nom de celui qui l'a dite [ne pas s'approprier les idées des autres].
La thorah est une chose sublime, car elle donne à ceux qui la pratiquent, la vie dans ce monde-ci et dans le monde futur, car il est écrit qu'elle est la vie, elle est un médicament pour tout le corps, elle est la grâce et la couronne, elle est la richesse et la gloire.
Rabbi Jossé, fils de Kisma, raconte : J'allai un jour en route et je rencontrai un homme; il me salua et je lui rendis le salut. Rabbi, me dit-il, de quel endroit es-tu? Je suis, lui dis-je, d'une grande ville pleine de sages et de scribes. Rabbi, me dit-il, veux-tu demeurer avec nous, et je te donnerai 1 million de denars d'or [1], de pierres précieuses et de
[1] Un denar d*or valait 25 denars d'argent [v. plus haut traité Schebouoth, p. 33].
170 AiôtË.
perles? Mâîô jô lui ripôndiâ J Mon fllè, ^ûànd niêmé txî mè donîieràîs tout Tàrgetit,- Fôp, les piefïes ffté-» ciéusës et les perles qui se tt^ôùvent Aéh'i lé îfionde
entier^ je he veii* dëmetli*er que dftnë 1 ëndrëit de la thorah\ car, quand 6ft ineurt, oii n'emporté âvëè soî ni argent, ni or, liî piëWés prédieuséè, ni perles, mais ëëtiléiiieiit la ihbrak et \èé bonnes àdtiotts ; càj^ il est écrit : « Elle [là thorah] te conduira qùâiîd ttl e^ en toute «> dalis ce mônde-ci, «ellef Véilléha ôui* toi quand tu âëraà couché » dans le tombeau, « elle parlera pour toi quand tu te réveilleras B dafaS le monde futur [1],
David, le roi d'Isrâel, a dit aussi : « Là thùrûh de ta boliche m'est plus précieuse que des inilliers de pièces d'or et d'argent» fPéaUmes, CXIX, 72];
Tout ce que le Très-Sàint, béni êdit-il, à cîré^ dans le monde, il ne l'a fait que pour èa gloire.
Rabbi Hananià, fils de Akà&chià, ditf Dieti â voulu qiië les Israélites aient béaiidoup de mérites, c'est pourquoi il léUr a doiinê beaucoup de lol§ et de CorUmandeméntfe.
[1] Lé monde futur n'est donc pas le paradis dans lè€[itël on entre après la mort; ce para.dis s'appelle gaa eden [v. perek 5, les paroles de Joudàh, îi!s dé thema]. Le inonde futur est celui qtil arrivera après l'époque m8S8Îànit|U^, ddrit l09 morts he pourrotii profiter qu'après la résurrection [v. plus haut traité Synhedrin p. 92].