XVI INTRODUCTION
qu ils ont été créés par le même Dieu que nous; protectrice des animaux qu'on ne devait pas surmener, ni tuer pour les besoins de la cuisine la mère et le petit dans les vingt-quatre heures, etc., etc. Rabbi Joudah, le rédacteur de la Miscbnah, était également membre de cette grande et antique Société protectrice, et il ne pouvait jamais se pardonner le grand crime qu'il avait commis, d^avoir remis un veau fugitif entre les mains de son boucher.
Donc les membres de cette grande et antique Société protectrice des fils de Jacob ont imaginé jusqu'à six préceptes, qui n'ont d'autre effet que de àir minuer les souffrances de l'animal.
Ces six préceptes sont les suivants :
1. — Tout le monde connaît les trois préceptes de la chirurgie moderne, d'opérer cito^ tuto et /wcundès vite, d'une manière sûre, et de diminuer les souffrances. Tenons-nous pour le moment au premier de ces préceptes ; il faut opérer cito^ vite. Or, il est expressément défendu aux Juifs de manger de la boucherie, où ceprécepte n'a pas été observé. Ladéfense est connue sous le nom de schya^ retard. L'opération doit se faire aussi vite que possible, sous peine d'avoir une viande défendue comme nebelah, ce qui est encore phis grave que de manger la terephah.
2. — L'opération doit se faire par un mouvement de va et vient, et non pas en pressant ou en piquant. C'est un des préceptes les plus heureux, car ce n'est que de cette façon d'agir, qu'on coupe sans le vouloir en même temps les vaisseaux sanguins, et que l'animal meurt plus sûrement et plus rapidement par l'hémorrhagie. La défense d'agir autrement est
PRINCIPES DE LA SCHEHIÏAH. XVll
connue sous le nom de drassah^ du verbe daras^ presser, fouler avec les pieds.
3. — Il n'y a pas encore longtemps depuis que les chirurgiens modernes ont imaginé, pour certains cas déterminés, de faire une opération par la méthode sous-cutanée, c'est-à-dire de couper l'organe en laissant la peau intacte. Jusqu'alors on faisait toutes les opérations en coupant d'abord la peau ; l'opération est ainsi plus sûre. Les thalmudistes ont donc également prescrit, de couper la peau avant de couper les organes. Ce précepte a aussi l'heureuse conséquence que les vaisseaux sanguins sont coupés en même temps. La défense de ce précepte est connue sous le nom de chladah.
4. — Il est plus facile de couper les parties molles que les cartilages et les os. Or, les thalmudistes voulaient qu'on coupât l'œsophage et la trachée. Le premier n'a que des parties molles. La trachée, que l'instrument rencontre d'abord, est composée de petits anneaux cartilagineux et des membranes qui remplissent les espaces intermédiaires. L'instrument peut facilement glisser dans ces espaces, et les anneaux ayant peu de largeur, l'opération se fait facilement et paç conséquent rapidement. Mais si on remontait trop haut, à la place de la trachée, l'instrument rencontrerait le larynx, composé de cartilages très-larges et parfois ossifiés; plus haut encore, il rencontrerait des os. Les membres de la grande Société protectrice des fils de Jacob ont donc prescrit, de couper dans la trachée et de ne pas monter jusqu'au larynx, ni plus haut. La défense de ce
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précepte est connue^sous le nom de hagramah^ de qerem^ os (1),
5. — On comprend que si, au Jieu de couper un organe quelconque, on voulait Tarracher, on rendrait Topération extrêmement douloureuse. Les thalmudistes ont donc prescrit de couper les organes en question, et ils ont défendu de les arracher. Cette défense s^appelle yTiour^ arrachement.
6. — Enfin tout le monde connaît les soins minutieux que les chirurgiens prennent, pour que leurs instruments présentent un tranchant irréprochable, pour qu*ils coupent aussi bien que possible, rapidement et sûrement. Cependant aucun chirurgien ne prend autant de soins pour son instrument que les thalmudîstes prennent pour les leurs. Chez les Juifs, celui qui se destine au métier de tueries animaux, est obligé de faire un long apprentissage pour s'habituer à reconnaître et à sentir avec Tongle le moindre défaut de l'instrument. Cela s'appelle peghimah^ entaille .
Ce n'est pas tout encore. Tout le monde ne peut pas être chirurgien, ni opérateur ; il y a des personnes qui n'ont jamais tué une mouche, et que la vue du sang effraie. Si un tel homme se mettait à faire une opération quelconque ou à tuer un animal, il ne ferait que causer de grandes souffrances à sa victime. Les membres de la grande Société protectrice des fils de Jacob y ont pensé, et l'homme qui se destine au métier de tuer les animaux, ne reçoit Tautorisation de remplir ces fonctions qu'après avoir
(1) Cette 6tymologie me semble meilleure que celle du Rasch- Lam (traité Baba bathra, fol. 88, verso, article Hajah schokel).