‹ Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison;Chapitre 115 sur 164 · DK L'ÉDUCATION EN GENERAL · texte numérisé non relu

DK L'ÉDUCATION EN GENERAL

rapport religieux, comme sous le rapport politique, à une société domestique et à une société publique. L'éducation, qui doit former Phomme pour la société, en lui apprenant à connaître des lois et à pratiquer des devoirs, doit donc être domestique et publique, religieuse et politique.

Ainsi Pon peut distinguer deux systèmes d'éducation : éducation domestique, éducation publique, qui doivent toutes les deux former Phomme pour la société avec Dieu, et pour la société avec les hommes. L'éducation domestique est celle que l'enfant, dans la maison paternelle, reçoit des parents ou des personnes préposées par eux, et qui a pour but de former l'homme pour la famille, et de l'instruire des éléments de la religion. L'éducation publique est celle que les enfants reçoivent de l'État dans des établissements publics, c'est-à-dire perpétuels quant au temps, généraux quant aux lieux, uniformes quant à la discipline et à l'instruction, dépendants par conséquent de l'autorité publique, et dont le but est de former Phomme pour la société publique, et les devoirs religieux et politiques qu'elle commande.

Ainsi il ne suffit pas que P éducation soit commune pour être publique, puisqu'un pensionnat, tenu à volonté par un particulier, n'est pas un établissement public d'éducation, et ne fait que remplacer, pour plusieurs enfants à la fois, l'éducation domestique, et de même un enfant élevé par un homme seul peut ne pas recevoir une éducation purement domestique, s'il est instruit dans les connaissances qui forment l'homme public : mais il faut, pour que l'éducation soit publique, réunir la perpétuité de l'établissement , l'indépendance des maîtres, la communauté d'enseignement, le genre des connaissances.

Ainsi des écoles communes, ouvertes par le gouvernement pour enseigner des arts mécaniques, ou même la peinture, l'architecture, la musique, ne seraient point un établissement d'éducation publique, puisque l'enfant n'y apprendrait que des professions purement domestiques.

Ainsi une raison sensible d'analogie nous conduit déjà à penser que l'éducation domestique doit former l'homme privé, et que l'éducation publique doit former l'homme public, parce que la société publique, qui a besoin de ses services, doit veiller à ce qu'il reçoive une éducation analogue à ses devoirs,

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