‹ Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison;Chapitre 116 sur 164 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

et qu'elle ne peut étendre sa surveillance sur L'intérieur de la famille.

L'éducation privée ou publique doit donner la connaissance

des lois qui règlent l'une ou l'autre société; mais la pratique de* devoirs est-elle une suite nécessaire de la connaissance des lois'.' Oui, dit une fausse philosophie, qui ne parle jamais que d'éclairer la raison de l'homme: Non, dit la religion, qui veut surtout échauffer son cœur, et qui regarde l'amour comme la faculté souveraine des deux autres facultés : véritable pouvoir dans l'homme, puisqu'il donne la volonté à sa pensée, et l'action à ses organes.

Ce n'est pas que la philosophie ne reconnaisse aussi dans l'homme désaffections et un amour, mais c'est l'amour de soi

dont elle fait le mobile de toutes nos actions, même sociales, et elle veut que la bienveillance universelle ne soit qu'un égoïsme éclairé. La religion, au contraire, commande, inspire l'amour des autres, et en fait le fondement de la société. Ainsi une fausse philosophie commence par isoler les hommes, et les concentre en eux-mêmes pour mieux les porter au dehors et les réunir dans une réciprocité de secours et de services, et la véritable sagesse nous dit que, pour servir les autres comme on se sert soi-même, il faut les aimer comme on s'aime soi-même.

Résumons. Le but général de l'éducation est de donner à l'homme la connaissance des lois qu'il doit suivre, de lui inspirer de l'affection pour les objets qu'il doit aimer, de diriger son action vers les devoirs qu'il doit pratiquer. Connaître, aimer, agir, voilà tout l'homme et toute la société. «L'Egypte n'oubliait » rien pour polir Y esprit, ennoblir le cœur et fortifier le corps, » dit Bossuet, qui admet cette distinction.

Les êtres moraux ou sociaux sont tous compris dans les manières d'être générales de pouvoir, de ministre et de sujet. Mais les hommes naissent et vivent tous sujets : sujets, au moins dans la famille, d'un pouvoir humain; sujets partout, et pour jamais, du pouvoir divin. Tous les hommes ont donc, sous ce rapport, les mêmes lois à connaître, les mêmes devoirs à pratiquer, donc la même éducation à recevoir. Les principes de cette éducation générale se trouvent dans les Commandements de Dieu, comme les principes de l'éducation particulière des chrétiens, dans les Commandements de l lujlise. En effet, les Commandements de. Dieu « renferment, selon Boosuet, les pre-

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