‹ Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison;Chapitre 129 sur 164 · DES LIEUX PROPRES A DONNER L'ÉDUCATION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

DES LIEUX PROPRES A DONNER L'ÉDUCATION PUBLIQUE

Les lieux publics destinés à l'éducation commune des enfants doivent être en nombre proportionné aux besoins de la société publique ; il est moins difficile qu'on ne pense de déterminer la quantité des besoins, lorsque détendue déterminée du

territoire, dans une société qui a fini son accroissement, permet de fixer à peu près la proportion du ministère public à la population totale.

Quel que soit le nombre total des maisons d'éducation publique ou des collèges, chaque collège contiendra de quatre à cinq cents enfants. Je ne tiens pas à ces nombres plutôt qu'à d'autres; mais les grands établissements sont toujours le mieux réglés, parce que la règle y est plus nécessaire , et que l'expérience a appris qu'il n'y a pas de petite confusion dans un grand ensemble.

Les collèges doivent, je crois, être placés à la campagne, parce qu'il faut supprimer les classes externes, et que tous les collèges soient pensions. Il y a trop de corruption dans les villes, pour qu'on puisse permettre la fréquentation des élèves du dehors et (U>> pensionnaires; les externes reçoivent l'instruction, mais les seuls pensionnaires reçoivent l'éducation, et ce n'est pas assez d'instruire des enfants, il faut surtout former

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Salubrité assurée par Fair des champs, mœurs préservées de

la contagion des villes, instruction défendue contre les distractions des visites, habitude des objets champêtres, si précieuses a conserver, sont des avantages qu'on ne trouve qu'à la campagne, et qu'aucun autre particulier aux villes ne peut compensa r.

Les anciens monastères, spacieux, isolés, sont tirs-propres à former des collèges : ils existent partout dans les campagnes, et la société, première propriétaire de tout ce qui lui est nécessaire, peut rembourser aux possesseurs actuels le prix de l'acquisition. L'administration arrêterait un plan de distribution intérieure et extérieure, le même pour tous les édifices, plan auquel chaque maison serait tenue de se conformer à mesure

qu'elle serait rebâtie. L'uniformité des distributions suit naturellement de l'uniformité des exercices. De là vient que dans certains ordres religieux, comme les Capucins , les maisons étaient parfaitement semblables dans les divers pays. Rien n'est à négliger lorsqu'il est question d'établir l'unité, et c'est ce qui fait qu'un corps militaire, modèle le pins parfait de la société, comme il en est le plus puissant agent, est soumis à une uniformité rigoureuse de vêtements, d'habitudes, de mouvements, et qu'on y règle des hommes faits mieux qu'on ne peut régler des enfants.

Les collèges doivent être répartis à peu près également dans les diverses provinces ou divisions de l'Etat, et peut-être la capitale est de tous les endroits celui où il faudrait le moins réunir les établissements de première éducation.

Lors delà fondation des anciens collèges, l'État, pauvre et affairé, laissait à la libéralité des particuliers cette partie importante de l'ordre public; des princes, des cardinaux, des évoques, des maisons puissantes, des particuliers riches, léguaient des collèges à l'État, et les fondaient presque toujours à Paris, lieu de leur séjour. Aujourd'hui que l'État veut tout faire , et tout faire seul, et qu'en s'appropriant tous les dons , il s'est chargé de toutes les intentions, il doit distribuer partout et à peu près uniformément les établissements publics, parce que la première intention des fondateurs a été de faire du bien, que le bien public demande cette distribution égale, et que l'exacte division du territoire la rend possible.

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