DES ÉTUDES
Use parole , nous disent les traditions les plus respectables T tira l'univers du néant, et la parole encore fait sortir l'homme intelligent du néant de l'ignorance. L'art de parler et de bien parler, ars bene dicendi, qui comprend les humanités et la rhétorique, précède même l'art de penser ou la logique, si même
LPfTftI \. Ï07
il y a un autre art de penser que celui de parler, puisque L'homme De '.croit aucune connaissance positive que sous les tonnes du langage, et paru' ministère de la parole, et que, dans le développemenl de ses facultés intellectuelles, il est nécessaire que l'expression vienne chercher l'idée pour la présente! a -<>n esprit, comme il est nécessaire que la lumière vienne frapper les corps pour les représenter à ses yeux.
L'homme ne pense donc pas plus sans expressions, même avec L'esprit le plus prompt, qu'il ne voit sans lumière, même avec les meilleurs yeux, «La faculté (1) de penser,ou l'esprit, » est la l'acuité d'attacher des pensées aux mots, et la faculté » de parler est la faculté d'attacher des mots aux pensées, qua- » lites dont la dernière lient à l'homme physique et à la flexid bilité (\c< organes, e1 c'est ce qui fait qu'elle est plus com- B mune que l'autre, et qu'on voit plus de gens qui parlent faci- » lement que de gens qui pensent très-juste. Ainsi un enfant » qui fait un thème a des idées dont il cherche les mots, et » celui qui fait une version a des mots dont il cherche les idées. » Le premier va de l'idée connue au mot inconnu, le second du » mot connu à l'idée inconnue; aussi l'enfant qui trouve dans » son thème le mot ravcujcr a une idée en français dont il )> cherche l'expression latine, et le dictionnaire français-latin » lui indique populari. Celui qui, dans sa version, trouve le » mot , parère , a un mot latin sans idée, ou plutôt un son, et le » dictionnaire latin-français qu'il consulte lui donne obéir pour » l'idée qu'il cherchait, et qui correspond à ce son; en sorte » que les dictionnaires sont tantôt des recueils de mots, et tan- » tôt des recueils d'idées, (le double exercice est également » utile ;i l'acquisition (\v> mots et au développement des idées, » motif pour lequel il et lit pratiqué dans l'ancien système » d'éducation, et qu'il ne peut être remplacé par aucun autre. » L'enfant qui annonce h; plus d'esprit, c'est-à-dire de facilité; i> à développer ses idées et à saisir ieurs rapports, doit donc » réussir dans la version mieux que dans le thème, et c'est » aus-a ce qui arrive presque toujours. » Eu même temps que l'exercice dond nous venons de parler ouvre l'es;. rit de l'enfant, il fortifie m mémoire par l'habitude de retenir, il étend son imagination par la aéi essité de composer, il forme même son jugement , lui présentant sans cesse des objets à comparer; et l'on peut regarder comme une vérité démontrée dans la ques-
(1) Voyez la l>i>>< îutinn sur l.s idées, u. ta lin '!•' la première Partie.