G DES ÉTUDES
développement , en permettent l'emploi ; malheur réel , tourment de l'homme, si elles le contrarient. Quoi qu'il en soit, l'éducation doit développer le talent , qui est l'aptitude à faire une chose, ou donner à l'homme des dispositions générales à faire indifféremment plusieurs choses.
Les arts frivoles font perdre aux enfants beaucoup de temps, s'ils les apprennent sans un goût décidé , et aux hommes une certaine considération , s'ils s'y adonnent avec passion. Les sciences , comme la botanique , la zoologie , l'anatomie , la minéralogie, la chimie, ne sont pas d'une absolue nécessité dans l'éducation publique, et ne pourraient être cultivées avec un grand succès , sans nuire à des études plus importantes. Les Romains , les plus constitués de tous les peuples anciens , abandonnaient à des esclaves ou à des affranchis les arts et les sciences , et ne se réservaient que l'art de commander , et la science du gouvernement.
Tu regere imperio populos, Romane, mémento : (Hœ tibi erunt artes ;) pacisque imponere morem.
Il faut cependant faire apprendre aux enfants , et même de bonne heure, la danse, qui les forme à se tenir en public avec grâce et décence, et un peu de musique vocale, qui donne de la justesse à l'organe de la parole et à celui de l'ouïe, et se lie ainsi à l'harmonie oratoire et poétique.
Les exercices du corps, qui sont un des premiers devoirs de l'homme destiné au service militaire, doivent être renvoyés à la sortie du collège, parce qu'ils forment une distraction trop forte aux études de l'esprit. D'ailleurs, le progrès de nos lumières , l'âge de la société , et l'espèce de ses ennemis , demandent que ses défenseurs joignent désormais la raison à la force, parce que la force ne doit plus être séparée de la raison.