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dans l'arithmétique social»' la multiplication de l'or, par l'or forçant le prix de toutes les denrées, n'avilissait le prix de toutes les vertus, et ne donnait pour produit certain... révolution.
L'inquiétude particulière à la nation anglaise vient de l'imperfection de sa constitution, indécise en politique connue en religion, s Parce qu'un État, dit .1. ). Rousseau, ne cesse )> d'être agité, jusqu'à ce que l'invincible nature ait repris son » empire. » Cette constitution, formée de trois /touvoirs, qui se réduisent toujours à un (peuple OU roi), a été vantée par ceux qui prennent l'agitation pour du mouvement, l'opulence des particuliers pour la fortune publique, et qui placent dans le composé la ton e que la nature ne met que dansles/m/>/c.
Cette imperfection de la constitution anglaise influe nécessairement sur le caractère du peuple anglais, et en fait le moins avancé de tous les peuples civilisés, c/est-à-dire celui qui, dans son état domestique et public, a retenu le plus de caractère de l'état qui précède la civilisation. /Vinsi le vol et l'intempérance, vices particuliers aux sauvages, sont très-communs chez les Anglais (1). Le peuple y est féroce jusque dans ses jeux; les voyageurs l'accusent d'un penchant extrême à la superstition, autres caractères des peuples sauvages, et enfin les deux grandes fonctions de l'état public de société, la justice civile et la justice criminelle, y sont extrêmement imparfaites, et remplissent là moins qu'ailleurs le but de toute législation, l'une par ses lenteurs infinies et sa complication inextricable, l'autre par son impuissance à défendre la propriété de l'homme contre le brigand, et à assurer le repos de la société contre la rébellion; car tel est l'esprit général des lois anglaises (et l'on en a des preuves récentes), qu'il est plus difficile a l'autorité publique de faire punir un factieux, qu'au particulier de faire arrêter son débiteur pour quelques schellings.
L'Angleterre, ennemie de la France, devait donc naturellement s'allier avec l'Autriche, autre ennemie de la France, lorsque la France cherchait à s'agrandir sur l'Autriche, ou
(1) L;i sobriété et le désintéressement sont au contraire les qualités dis— tiintivcs de la nation espagnol»', m méprisée par nos philosophes.
Le <!'" t.Mir Pmel, médecin de l'hospice de la Salpétrière, avance dans un ouvrage qu'il s publié sur V aliénation mentale, « que l'aliénation nien- » taie 681 due le plus souvent chez les Anglais a une vie intempérante, el à
» l'excès des boissons spiritueuses, au lieu qu'en France elle est presque » toujours produite par des affections morales. »
malgré elle, et c'était Tunique raison de l'étroite et constante alliance de l'Angleterre ou de l'Autriche; alliance qu'il ne faut pas confondre avec celle de l'électeur de Hanovre et du chef de l'empire. Par la raison contraire, dès que la France, parvenue au terme de son agrandissement, cessera d'être l'ennemie naturelle de l'Autriche, l'Angleterre cessera d'être l'alliée naturelle de la cour de Vienne. Ce n'est pas qu'il ne reste d'autres ennemis à l'Autriche; mais il ne faut pas croire que l'Angleterre fût son alliée envers et contre tous. Les liens commerciaux, les plus puissants de tous pour l'Angleterre, l'unissent à la Russie, à la Turquie, et même à la Prusse, comme pouvant disposer des ports de l'Océan germanique, et particulièrement de Hambourg, le grand entrepôt de son commerce avec le nord de l'Allemagne, et elle ménagera toujours des puissances qui pourraient, en cas de rupture, lui interdire le commerce lucratif qu'elle fait avec leurs États et par leurs États.
L'Angleterre a fait à la France et à l'Espagne la guerre des armées, et à toute l'Europe la guerre des principes.
On se rappelle cette ingénieuse plaisanterie de la Satire Ménippée, où le roi d'Espagne, Philippe II, est représenté en charlatan qui débite sa drogue du catholicon ; on pourrait, avec plus de raison, représenter l'Angleterre exportant dans les autres États le philosophisme, dissolvant universel qu'elle nous a envoyé un peu brut à la vérité, mais que nous avons raffiné en France avec un si déplorable succès. L'Anglais Wiclef, père du presbytérianisme, peut être regardé comme l'aïeul de la philosophie moderne qui en est la conséquence : l'Angleterre est le premier État chrétien que des doctrines philosophiques aient séparé de l'unité religieuse, et dans le même temps qu'en France les tribunaux et l'opinion des gens de bien condamnaient des hommes malheureusement célèbres, dont les écrits ont accéléré la ruine des mœurs et des lois, l'Angleterre les soudoyait de louanges, et même des pensions (1).
L'importation du philosophisme dans les États catholiques avait été merveilleusement facilitée par l'abolition de l'ordre des Jésuites, événement dont la philosophie moderne s'est attri-
(1) J.-J. Rousseau était pensionné par l'Angleterre, et l'habile Voltaire, qui s'enlendait au commerce, et même au commerce de réputations, tirait de l'étranger de la philosophie qu'il mettait en œuvre et débitait ensuite; dans toute l'Europe.
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bué L'honneur, et auquel on pourrait croire que l'Angleterre n'a
pas été étrangère, s*il suffisait, pourl'en acccuser, déconsidérer
le mal qu'il a lait àses ennemis naturels, la France et l'Espagne»
Jésuites étaient mortellement haïs des puritains anglais,
qui 1rs ont toujours accusés d'avoir influé sur Les conseils imprudentsdes derniers Stuarts, et l'on doit remarquer peut-être que l'orage contre cette compagnie célèbre a commencé en
Portugal, puissance faible, dominée par la Peur, conseillère d'injustices (1), et dont les Anglais sont depuis longtemps en possession de diriger ou de commander toutes les demarches.
Quoi qu'il en soit, l'utilité politique des Jésuites pour la France et pour l'Espagne ne pouvait être contestée (pie par la haine, ni méconnue que par la sottise. L'Espagne faisait plus de complètes dans Le continent de l'Amérique avec leurs missions qu'avec ses soldats, et leurs néophytes, animés de cet esprit de catholicisme que les Jésuites s'entendaient si bien à entretenir et à répandre, eussent au besoin, bien mieux que quelques milices, défendu contre les Anglais les possessions espagnoles. Chez les Chinois, les Japonais et les Tartares, les Jésuites, presque tous Français, Espagnols, Italiens, donnaient, par leurs vertus et leurs connaissances, une haute idée de la puissance de Leurs gouvernements, ce qui est aussi une espèce de domination, et ils facilitaient par là, entre ces peuples et leurs nations, les relations commerciales, objet éternel de la jalousie des Anglais et des Hollandais. En Europe, les Jésuites élevaient La jeunesse dans des principes de fidélité et d'obéissance, instruisaient par une religion plus sensible les dernières classes, comme ils dirigeaient les classes élevées par tous les moyens que fournit la culture de l'esprit le plus poli. Ils travaillaient avec succès à ramener l'Europe à L'unité religieuse, et affermissaient ainsi les pouvoirs politiques; institution véritablement sociale, seul ordre peut-être où l'on ait connu le grand secret de la société, renfermé dans ces deux mots : commander et obéir. Aussi le grand Frédéric s'etonna-t-il que les puissances catholiques eussent consenti à leur abolition, et, mieux avise, il leur offrit, ainsi que l'habile Catherine, un asile dans ses Etats.
(i) Et qui nous a conseillé la même injustice une seconde' Ibis.
{Note de l'Editeur.)
556 DU TRATTÉ DE VVESTPHAFIF
Le gouvernement anglais, depuis ses révolutions religieuses, s'était donné en Europe, et surtout aux yeux des calvinistes de France, l'importance de chef et de protecteur des églises réformées, et cette couleur de religion lui avait servi, pendant trois siècles, à désoler la France de ses intrigues.
« C'est une maxime d'État au roi de France, dit le duc de Rohan dans ses Mémoires, de ne se montrer animé contre ses » sujets de la religion, de peur qu'ils ne se jettent en la protec- » tion du roi d'Angleterre. »
Mais la première pensée du parti religionnaire en France, et partout, avait été l'établissement de démocraties fédératives, consommé dans les siècles passés en Suisse, en Hollande, et, de nos jours, en Amérique. Il fut résolu pour la France, en 1621, à l'assemblée de Privas, en Vivarais, sous le nom de division des cercles; on le reprit en 1793, et il eût été mis à exécution, si ceux qui gouvernaient à cette époque n'y eussent vu la ruine de leur monstrueuse puissance. On peut remarquer que les députés méridionaux en étaient les plus ardents promoteurs, et leurs départements les plus zélés partisans.
La France luttait contre la démocratie depuis François II. Richelieu en avait empêché l'introduction, en fermant aux Anglais les ports de l'Océan; mais ces spéculateurs opiniâtres, irrités plutôt que rebutés par le mauvais succès, ouvrirent une nouvelle route à l'exportation de leur poison philosophique, et quoiqu'ils fissent encore, au commencement de ce siècle, une dernière tentative pour l'introduire directement en France, par le port de Cette, dans le temps des troubles des Camisards, les peu de succès de ces expéditions militaires les détermina à s'en tenir au commerce interlope qui se faisait par la Suisse, et dont l'entrepôt était à Lauzanne.
Les jeunes gens du midi de la France qui se destinaient au ministère de la parole de la religion protestante, allaient faire leurs études à Lauzanne, où ils étaient instruits et entretenus gratuitement. lia été découvert, depuis quelques années, que l'Angleterre faisait avec un grand secret les frais de cette éducation, et assurément il était impolitique de laisser à nos ennemis cette influence sur l'enseignement public d'une partie de la nation (1). Il est vrai qu'il avait été fondé en France des
(1) Des prédicants anglais sont venus en 1816, dans le midi de la France,
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maisons d'études pOllT les catholiques (1rs deux sexes, sujets de
l'Angleterre; mais ces fondations connues étaient purement
pieuses, leur publicité même en ôtait tout danger, et les principes politiques, que les jeunes gens pouvaient y puiser, ne déplaisaient pas au fond au gouvernement anglais.
On ne peut jjuère douter que depuis le cardinal Dubois, pensionnéj dit-on, par le cabinet de Londres, nos ennemis n'aient, sauf quelques intervalles assez courts, Influé sensiblement sur nos conseils, lorsque l'on voit, depuis cette époque, toutes les grandes opérations de l'administration, en contradiction formelle avec les lois naturelles de la France, finir par en consommer la subversion, et que l'on remarque, dans ces derniers temps, les coups portés contre la puissance commerciale et maritime de la France, contre ses ports, ses villes commerçantes, ses colonies surtout, horriblement bouleversées par l'affranchissement des noirs, épouvantable mesure dont les Anglais, avec leurs discussions interminables sur l'abolition de la traite, ont hâté, innocemment sans doute, la funeste décision.
Les autres nations, et particulièrement la France, n'ont pas fait assez d'attention à cet engouement général que les Anglais ont eu l'art d'inspirer pour leurs mœurs, leurs usages, leur littérature, leur constitution. Des mœursà l'anglaise, indiscrètement adoptées dans la capitale, nous avaient insensiblement disposes à recevoir des lois à l'anglaise; car la constitution de 1780 était la même dans ses principes que la constitution britannique, comme la constitution civile du clergé, décrétée à la même époque, aurait amené peuàpeu quelque religion mixte, telle que la religion anglicane; et l'on ne peut douter que le gouvernement anglais, qui connaît à fond le secret de sa constitution, n'eut trouve très-conforme à ses vues d en faire présent à sa rivale (l).
en qualité de commissaires, pour y vérifier l'état politique et privé de quelques sujets français, et recevoir leurs plaintes ou plutôt Leurs calomnies, qui ont retenti après dans les journaui « malais. .. On les a laissés taire, et ce Bcandale a été asseï public dans ces provinces. [Noto de l'Editeur.)
(i) Si ces lignes eussent été lues, comprises et méditées par ceux qui avaient de l'influence sur nos destinées, la France eût évité le piège qui lui a été tendu par -nu ancienne ennemie, et .Ile serait sortie plus grande et surtout plus heureuse de la terrible épreuve où la Providence avail voulu
la lane paieci ; et Dieu veuille que notre aveuglement ne la renouvelle
pas7 (Sole de l'Editeur.
Les ennemis de la France ont voulu la détruire par la révolution, et la France deviendra plus puissante par la révolution, si la révolution établit Ytmité dans sa constitution, l'uniformité dans son administration, Y union entre toutes ses parties, triple unité, ciment indestructible des sociétés, moyen le plus puissant de leur développement et de leurs progrès.
Une société, fondée sur cette triple base, n'est plus la chose de l'individu, mais la chose du public, non res privata, sed res pubiica; et alors, comme dit J. J. Rousseau au Contrat social, « la monarchie elle-même est république. »