‹ Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison;Chapitre 20 sur 164 · livre i, cn\ pitre vi r · texte numérisé non relu

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Or, riw ne s'onposc à ce que nous consultions ces lois générales dee proportion* Bl àè&rapports, même pour l'ordre moral, puisque l'identité d'expressions nous est un sur garant de l'unité de vérités. Et d'ailleurs le raisonnement (pic nous allons

l'aire sera soumis à l'expérience du langage universel, et l'être (pie nous cherchons par cette voie ne sera pas, s'il n'est pas déjà nommé ou connu par son nom (b).

Ainsi en consultant la règle générale, et la plus générale des proportions, le moyen égal aux extrêmes, et construisant ainsi la proportion générale ou métaphysique : Dieu est au moyen cherché ce que ce moyen est à l'homme, ou bien en renversant la proportion, commençant par l'homme et finissant par Dieu, nous trouverons toujours le nom, et par conséquent l'être Dieu-Homme ou Homme-Dieu, comme moyen ou médiateur entre Dieu et l'homme. Cet être prodigieux, s'il existe aura un nom, et ce nom ne sera pas inconnu aux hommes : je le demande aux peuples modernes civilisés, et même les seuls civilisés qu'il y ait, et ils me répondent qu'il est parmi eux, depuis dix-huit siècles, un signe de contradiction, sujet à la fois d'adoration et de scandale; je le demande au seul peuple de l'antiquité qui ait été civilisé, au peuple le plus ancien des peuples, au Juif, et il me répond qu'il le connaît dès les premiers jours du monde sous le nom de Messie, qu'il l'a attendu, et qu'il l'attend encore dans le.ï derniers temps.

Si l'IIomme-Dieu est le moyen ou médiateur cherché entre Dieu et l'homme, on peut donc dire : «Dieu est au Dieu- )> Homme ce que le Dieu-Homme es1 a l'homme^ » ou bien , <( l'homme est à l'Homme-Dieu ce que l'Homme-Dieu est à )' Dieu ; » comme on dit : « La cause est au moyen ce que le » moyen est a l'effet, » ou, « l'effet est au moyen ce que le » moyen est à la cause. » Non-seulement on peut le dire, mais on le dit, qiioiqu'eu d'autres termes. Tout l'enseignement du christianisme, principalement dans les Épttres de saint Paul, se réduit à cette proportion développée sous mille formes, et traduite de nulle manières dans la langue particulière du christianisme (c).

Ainsi, depuis dix-huit siècles, la religion chrétienne entretient avec simplicité les plus petits de ses enfants de ces vérités que la méditation la plus sévère du philosophe lassé de contradictions n'abordent qu'en tremblant, et comme ces terres inconnues où le navigateur est jeté après une longue tempête. Ainsi il se trouve même dans la philosophie ce médiateur ineffable entre Dieu et l'homme, ce ministre universel du pouvoir de Dieu sur les hommes, moyen par qui tout a été fait et réparé, et la raison montre la nécessité de l'être dont la religion enseigne l'existence. Qui n'admirerait cette doctrine sublime qui humanise Dieu, qui divinise l'homme, qui fait connaître comme Dieu, qui rend présent réellement comme homme (d), cet être auguste, fils de Dieu et fils de V homme, envoyé par l'un, venu pour Vautre ; faisant, dit-il lui-même, la volonté de celui qui Va envoyé, et à qui tout pouvoir a été donné sur le monde des esprits et sur le monde des corps; réunissant dans sa seule personne la nature divine et la nature humaine, toutes les grandeurs de la Divinité, et toute l'infirmité corporelle de l'humanité? Mais l'admiration n'est-elle pas à son comble, lorsqu'on voit cette substance des forts mise en lait pour nourrir les faibles, et la religion chrétienne déduire de ces hautes vérités les conséquences usuelles les plus utiles au bonheur de l'homme, à la prospérité des familles, à la puissance des États, les plus propres à porter les hommes à la vertu, à les détourner du vice, à leur inspirer la modération dans la bonne fortune, la patience dans l'adversité, la fermeté dans le malheur, à leur enseigner les devoirs domestiques et les devoirs publics, l'amour de Dieu et l'amour de leurs frères? Et cependant on voit des hommes livrés à l'étude de quelques sciences particulières, et qui se disent amis de la sagesse, nier hardiment ces vérités sur lesquelles ils n'ont arrêté que le regard du mépris et de la haine, et blasphémer ce qu'ils ignorent, détournés, comme dit Bacon, par un peu de science, du but et de l'objet de toute philosophie !

Certes, lorsqu'on méconnaît d'un bout de l'Europe à l'autre ces vérités nécessaires et fondamentales de tout ordre social, lorsqu'il n'y a plus de foi sur la terre, c'est-à-dire de foi extérieure dans les sociétés, dont le plus grand nombre des gouvernements font de la religion leur moyen, au lieu de se regarder eux-mêmes comme ses ministres, serait-il besoin de se justifier devant des esprits timides et des Ames timorées, d'oser soulever

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