LIVRE II , CHAPITRE V. \Ch
Ainsi la société politique (domestique ou publique) a ses lois constitutives qui fixent L'état ou la manière d'être «1rs personnes, e1 ses lois réglementaires ou d'administration qui règlent leur action; les unes qui fixent le pouvoir, les autres qui règlent les devoirs,
Les lois constitutives de la société politique ne sont toutes que le développement de cette loi fondamentale de toute constitution de pouvoir et de ministère : Honore ton phre et ta mère, parce que père et mère désignent tout pouvoir et toute autorité qui <'n découle, et que la fin de toute constitution est de faire honorer h- pouvoir clans lui-même et dans ses ministres (c).
Les lois réglementaires ou d'administration, c'est-à-dire les lois civiles et criminelles, qui fixent les devoirs ou la facilité des hommes, des familles, et même des nations entre elles, ne doivent être que le développement plus ou moins généralisé de ces lois fondamentales de tout gouvernement de société : « Tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne commet- » f ras point d'adultère; tu ne porteras point de faux, témoi- )> gnage (outre ton prochain, etc., » parce que la fin de tout gouvernement et de tout ordre parmi les hommes, les familles et les peuples, est de garantir à L'homme social sa vie et ses propriétés morales et physiques.
La société la mieux constituée est celle où le pouvoir est le plus honoré en lui-même, et dans ceux qui le représentent, et la société la mieux administrée est celle où la vie et les pro-
de l'homme sont les mieux défendues contre l'oppression. La société dont la constitution est la plus naturelle, et qui ;i l'administration la plus sage, esl la plus civilisée (<l) ; < t alors elle vit longtemps s///- in terre, parce (pie la durée d'une société, qui est sui juris, est proportionnée à la force de sa constitution et à la sagesse de son administration,