LIVRE II , CHAPITRE
parla raison de l'autorité, et qu'il en paraîtra à l'avenir où ces motifs seront prouvés par l'autorité de la raison ; et il ne faut pas regarder cette expression opposée en apparence, raison de l 'autorité, autorité de la raison , connue une vaine antithèse, car il es! vrai de dire que la seule autorité qui ait pouvoir sur l'être raisonnable, est la raison. Ces discussions, il est vrai, n'éclairent la raison que des hommes instruits; mais cela suflit pour le bon ordre de la société, parce que l'exemple des gens instruits est la seule raison de ceux qui ne peuvent pas l'être.
Que les analogies que j'ai cru apercevoir entre les idées générales de ta raison, et les dogmes fondamentaux delà religion, et qu'il serait aisé de porter plus loin, soient ou ne soient pas justes, toujours est-il certain qu'il y a dans ce genre des vérités à découvrir, parce qu'il y a des erreurs à combattre, et qu'il y a des explications à donner, tant qu'il y a des obscurités à dissiper. Que si les explications que j'ai données ne sont pas suffisantes , d'autres iront plus loin, mais, si je ne me trompe , «il suivant la même route, et profiteront même des erreurs de ceux qui les auront précédés; car rien n'est perdu pour les progrès de la vérité, et dans la science des rapports moraux comme dans celle des rapports numériques, on parvient à des nltats vrais, même par de fausses positions.
Les hommes exercés à la méditation me pardonneront la forme dialectique que j'ai suivie dans quelques endroits de la première partie. C'est sous cette forme (pie la vérité, ou ce que j'ai pris pour elle , s'est développée dans mon esprit, et je l'ai exprimée dans le même ordre, pour la faire mieux entrer dans l'esprit des autres. Peut-être aussi (pie, me défiant de moimême, car l'homme ne doit jamais accorder à ses jugements une confiance sans réserve, j'ai laisse au raisonnement cette forme rigoureuse, comme un appui nécessaire à La raison, ainsi qu'un architecte qui a construit une voûte d'un trait hardi, laisse les cintres pour s'assurer contre les accidents. Il me serait possible, siih doute, d'écrire d'une manière plus oratoire ; mais j'ai toujours pensé qu'il ne faut chercher a entraîner le lecteur (pie lorsque la conviction a aplani les voies dans Lesquelles on veut le faire marche!', parce qu'alors on l'entraîne à bien moins de frais, et qu'il se précipite de lui-même ia ou VOUS voulez le mener.
A la vérité, il est beaucoup d'hommes qui sepiquentde raison, et même .; m -Iructioii sur d'autres objets, nui ne veulent être ni convaincus de certaines vérités, ni entraînés dans de cer-