Erd., 80» {Médit
3. Gerh., PhiL, I, 392 (L. à Foucher, 1687); — Cout., Op., 514 et 373-375 (1686); — Erd., 674b (Leibniz faisait déjà la distinction des concepts simples et des vérités, en 1667, à l'époque où il croyait pleinement à la possibilité de sa caractéristique).
l'art d' inventer.
coup : ainsi de toutes les affirmations analogues. Supposé, par conséquent, que A soit éternel, B Test pareillement; et la démonstration, bien qu'inadéquate, devient absolue. Supposé, au contraire, que A relève du monde des réalités contingentes, B en relève aussi; et la démonstration n'a qu'une valeur plus ou moins hypothétique. Il en va de la science entière, comme de la géométrie actuelle ; l'on n'y remonte pas au delà des axiomes. La pensée ne pénètre jamais tout son objet1.
D'après Leibniz lui-même, le problème d'une caractéristique universelle n'a pas de solution complète. De fait, il ne saurait en avoir de telle ; et l'on trouvera peut-être que ce n'est pas fort regrettable. Bannir de nos opérations intellectuelles la présence réelle des images et même celle des idées, n'y laisser en exercice qu'une théorie de symboles qui se déroulent tout seuls quand une fois on en a touché le déclic, réduire nos raisonnements au travail d'une machine semblable à celle qu'avait fabriquée Leibniz et dont il a tant parlé2 : non, vraiment, nous ne nous faisons pas à cette perspective. Le succès de la caractéristique universelle, ce ne serait pas seulement la mort de la poésie, mais encore à la longue l'atrophie de la raison elle-même : ce serait la victoire finale de l'automatisme. Qu'on nous laisse donc le plaisir et la douleur de chercher, puisque les dieux ont enchaîné « par la tête » ces deux « acolytes » de notre vie; qu'on nous laisse aller à la vérité « avec toutes nos pièces ».
Bref, Leibniz a trop accordé à « l'esprit géométrique » et trop peu à celui de « finesse », dont il appréciait cependant la valeur. On peut dire aussi qu'il ne s'est pas suffisamment défendu contre les hardiesses prématurées de la Renaissance ni contre l'influence de la scolastique déca-