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5. F. Cak., b, 381-382. — Pour préciser les rapports de Leibniz avec Boinebourg. il faudrait connaître les archives familiales du comte de Schonborn, connues sous le nom d'Archives de Wiescntheid (à Heidelberg) ; il serait utile également de fouiller les archives du fonds de Mayence au Ministère des Affaires étrangères.

l'Allemagne tout entière. Leibniz, d'accord par ailleurs avec Boinebourg, a trouvé un dérivatif qu'il faudrait soumettre au roi. Il est choisi pour aller le faire valoir à Versailles1; et vive est la joie qu'il en éprouve. Enfin, il va connaître la grande cité : il sera mis en contact avec les gloires dont elle s'honore; en même temps, il aura l'occasion de plaider en bonne place pour une idée qu'il nourrit déjà depuis quatre ans, depuis la publication de « l'art combinatoire », celle de travailler à la réunion de tous les hommes de « bonne volonté » dans une seule et même famille :.

Les guerres entre chrétiens ne sont pas seulement impies, elles sont ineptes : « vouloir soumettre des nations civilisées, belliqueuses et qui aiment leur indépendance », c'est s'engager dans une voie qui n'a point d'issue ; d'autant que l'agresseur finit toujours par avoir tous les autres contre lui. « Le roi très chrétien » est puissant et d'une puissance sans égale. Qu'il sache donc, dans ses entreprises, concilier ses propres intérêts avec l'honneur du Christ et le bien de l'humanité3. Ce n'est pas la Hollande du nord, mais bien « celle de l'orient », c'est l'Egypte vers laquelle il doit tourner ses armes déjà si glorieuses. D'une admirable fertilité, cette région ne peut ni du dedans ni du dehors opposer une résistance sérieuse. Et cependant, la conquérir, c'est du même coup ruiner Je commerce des Pays-Bas, mieux qu'en les poursuivant à travers leurs chaussées, et à moins de frais; réduire à néant la puissance des Turcs, ces ennemis séculaires et irréductibles du nom chrétien ; et se faire de cette terre si heureusement située un centre d'expansion vers l'intérieur de l'Afrique, vers l'Asie orientale, vers la Chine particulièrement, la mystérieuse Chine que son antique civilisation prépare tout naturellement à recevoir les croyances de la chrétienté4. Oui, si la sagesse du roi égale

1. Combien Leibniz le désirait et comme il se démenait pour avoir satisfaction? On peut le voir par sa lettre à l'Électeur Jean Frédéric de 1671 (Gerh Phil., I, 63).

2. Klopp, II, 213 (De exped. œgypt.) : « mihi tamen quadriennio abhinc in mentem ex eo venit, quod de summa rerum statuque orbis innoxia curiositate cogitans... »

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