Barlzi, Org
dont l'idée directrice est de remonter aux « éléments simples » pour obtenir l'ordre, la clarté et la brièveté1.
Mais, d'autre part, Leibniz se voit décidément aux prises avec un ordre de questions très différentes et qui le mettent de plus en plus en contact avec la réalité des choses.
En 1669, il intervient, sous le couvert d'un pseudonyme, à propos de Y Election du roi de Pologne et s'efforce d'établir par le calcul des probabilités quel est le candidat dont le choix présente le plus d'avantages2. L'année suivante, il s'agit de montrer quelle conduite doit prendre l'Allemagne, pour se défendre contre les dangers qui la menacent, surtout du côté de la France; et il écrit sur ce sujet complexe ses Réflexions sur la sécurité publique 3. C'est toute l'Europe, maintenant, dont il s'agit de démêler l'écheveau politique. L'esprit, les mœurs, les forces et les intérêts de chacun des États qui la composent : autant de questions embrouillées et mobiles où la supériorité revient à ceux qui voient juste et loin. Heureusement, Leibniz a Boinebourg à ses côtés pour l'aider de ses informations, de ses documents, de ses notes et surtout de sa haute compétence. Ce n'est pas que Leibniz ait beaucoup parlé de ce précieux et perpétuel concours. Il sem- ' ble préoccupé surtout de faire ressortir l'habileté de son initiative personnelle. « Je l'ai composée en trois jours, dit-il à propos de la première partie De la sécurité, les 6, 7 et 8 août, en présence de Boinebourg 4. » Il est encore celui qui se vantait naïvement d'avoir écrit, tout jeune, trois cents vers latins en un seul jour, « et sans élision5 ».
Mais cette activité politique est à la veille de s'exercer sur un plus grand théâtre et plus central. Louis XIV menace de déclarer la guerre à la Hollande. Il s'agit, pour la cour de Mayence, d'empêcher ce dessein qui pourrait être funeste à