‹ LeibnizChapitre 216 sur 310 · Ibid., 615», sse · texte numérisé non relu

Ibid., 615», sse

3. Ibid. , 562% 189. Ce texte vise surtout la manière dont Descartes a compris les possibles. D'après Descartes, les possibles, ayant l'éternité pour agir, peuvent présenter toutes les combinaisons imaginables, celles qui sont ordonnées aussi bien que les autres, le monde actuel aussi bien que le chaos. Leibniz a protesté de bonne heure et à diverses reprises contre cette conception V. Gerh., Math., VI, 96 (Rép. à Fabre, 1677); Ibid., PhiL, IV, 281, 283 [L. à Philippi, 1679-1680); — Erd., 139a-b (L. à Nicaise, 1697); Ibid., I44a-» (Rép. aux réflexions de Bayle, 1697); — F. Car., 47-48 (Réfutation de Spinoza..., entre 1706 et 1710). Leib. trouve cette doctrine dangereuse; elle mène au spinozisme. De plus, il la tient pour fausse; car elle supprime les causes finales, par conséquent la Providence et même la distinction du bien et du mal : et tout cela, c'est une suite de la Liberté d'indifférence qui, d'après Descartes, règne surtout au sein de la divinité dont elle est l'attribut radical.

volonté de rendre le Monde meilleur qu'il n'est » ; c'est dire qu'il manque de bonté1.

« La sagesse de Dieu, non contente d'embrasser tous les possibles, les pénètre, les compare, les pèse les uns contre les autres, pour en estimer les degrés de perfection ou d'imperfection, le fort et le faible, le bien et le mal : elle va même au delà des combinaisons finies, elle en fait une infinité d'infinies, c'est-à-dire une infinité de suites possibles de l'Univers, dont chacune contient une infinité de Créatures; et par ce moyen la Sagesse divine distribue tous les possibles qu'elle avait déjà envisagés à part, en autant de systèmes universels, qu'elle compare encore entre eux : et le résultat de toutes ces comparaisons et réflexions, est le choix du meilleur d'entre tous ces systèmes possibles, que la sagesse fait pour satisfaire pleinement à la bonté ; ce qui est justement le plan de l'Univers actuel2. »

1. Erd., 573»- (Théod.)- Cf. Ibid., 506a, 563". Mais il y a dans cette question un point qu'il faut préciser et sur lequel la pensée de Leibniz semble avoir varié. Jamais Leibniz n'a élé anthropocentriste : « Lorsque nous croyons, dit-il dans le Discours de Métaphysique (p. 59, éd. Est.), que Dieu n'a fait le monde que pour nous, c'est un grand abus, quoyqu'il soit très véritable qu'il Va fait tout entier pour nous, et qu'il n'y a rien dans l'univers qui ne nous touche et qui ne s'accommode aussi aux égards qu'il a pour nous. » Et ces paroles, Leibniz ne les a jamais rapportées. Mais il s'agit de savoir si Dieu a tout fait en vue de la félicité des âmes raisonnables ou esprits. Et c'est sur ce point que l'on constate une variante. Dans le Discours de Métaphysique, Leibniz affirme nettement que « la félicité des esprits est le but principal de Dieu » (p. 3 1-32) ; et, vers la fin du même traité, il donne une raison à l'appui de son sentiment (p. 91) : c'est « qu'un seul esprit vaut tout un monde ». On retrouve la même pensée vers la fin de la Monadologie (Erd., 712a, 86). Mais, dans l'intervalle, Leibniz a tenu un langage un peu différent. Au cours de la Théodicée, il reprend la manière de voir des Théologiens, représentée dans toute son acuité par Malebranche. En vertu même de son excellence essentielle, Dieu, dans ses œuvres, ne peut avoir d'autre but que lui-même : et voilà la fin suprême, celle qui ne se rapporte plus à rien autre. Mais en quoi consiste celte fin que Dieu ne peut pas ne point placer au premier rang? C'est sa gloire; et cette gloire ne peut être que la communication de ses éternelles perfections. D'autre part, qu'est-ce que Dieu vise tout d'abord dans cette diffusion de sa richesse intérieure? Le bonheur des créatures n'y vient qu'au second plan. Ce que Dieu cherche en premier lieu, c'est le maximum d'être dans le maximum d'ordre, c'est la beauté de l'œuvre à réaliser : « il est comme un grand architecte, qui se propose pour but la satisfaction ou la gloire d'avoir bâti un beau palais ». Dès lors « la félicité des esprits » ne vient qu'au troisième rang sur l'échelle de la finalité divine. Dieu, l'ordre, le bonheur des âmes raisonnables : voilà la marche descendante à suivre pour être dans la pleine exactitude (V. Erd., 523b-524a, 534b-535b, 537").

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