‹ LeibnizChapitre 215 sur 310 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

LA VIE DES AMES

ture ne concourt point avec Dieu pour se conserver », il ne voit « rien qui l'empêche de concourir avec Dieu pour la production de quelque autre chose, et particulièrement de son opération interne, comme serait une pensée, une volition, choses réellement distinctes de la substance1 »; et son intention est de sauver au moins le libre arbitre, défendu par ailleurs avec tant de persévérance. Mais le principe sur lequel il se fonde est plus fort que sa bonne volonté ; il renverse d'un coup toute sa théorie de la monade. Pour qui l'admet, « Dieu fait tout 2 », suivant l'expression de Bayle. La théorie de la conservaîion ouvre au monisme une autre porte que Leibniz avait cru fermer, en substituant son Harmonie préétablie à Y occasionalisme de Malebranche.

La création suppose un choix; et ce choix lui-même n'a pu se produire sans motif. « Dans la région des vérités éternelles se trouvent tous les possibles, et, par conséquent, tant le régulier que l'irrégulier ; il faut une raison qui ait fait préférer l'ordre et le régulier3. » Or cette raison ne peut être que l'attrait du meilleur. Car Dieu, étant souverainement parfait, est aussi souverainement bon. Et « d'avancer qu'il sait ce qui est meilleur, qu'il le peut faire et qu'il ne le fait pas, c'est avouer qu'il ne tenait qu'à sa

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