Ibid
LÀ CITÉ DE DIEU
mour et qui est le type éternel de la « cité de Dieu » *.
Il est encore plus facile de défendre la possibilité du miracle que celle de la révélation. Spinoza s'est mépris sur la nature de l'être, comme on Fa déjà vu à diverses reprises. Ce n'est pas la nécessité qui fait le fond des choses, mais bien la contingence ; et, dès lors, pourquoi le miracle n'aurait-il pas lieu? Sans doute, il ne se produit pas au hasard et comme à l'étourdie ; s'il a pour cause efficiente la puissance de Dieu, il est aux ordres de sa sagesse infinie. Mais rien ne s'oppose à « cette dérogation », lorsque l'idée du meilleur la demande. « La nature n'est qu'un système de lois ou maximes subalternes », « une coutume de Dieu, dont il se peut dispenser à cause d'une raison plus forte »2. Et cette raison, nous la pouvons discerner dans une certaine mesure : elle est d'ordre moral, et non physique. « Je tiens, quand Dieu fait des miracles, que ce n'est point pour soutenir les besoins de la nature, mais pour ceux de la grâce3. » Le miracle, comme le monde physique tout entier, est au service de la vie surnaturelle.
S'agit-il de la rationalité des mystères? On peut toujours avoir le dessus, quand on suit la tactique indiquée par la nature de ces questions. Sûrement, on se prépare une défaite, en présentant une thèse dont le but est de fournir la pleine intelligence du mystère à défendre. Dans ce cas, l'adversaire réussira toujours, s'il connaît son affaire, à démolir le bastion qu'on lui oppose ; et le mystère lui-même souffrira de tous les coups qu'on aura portés contre une œuvre d'inspiration purement humaine : on le méprisera, on le tournera en raillerie, on en triomphera. Et c'est tout ce qu'il fallait attendre de la méthode employée4.