‹ LeibnizChapitre 273 sur 310 · Moïse Cacnac, Fénelon, 132-135, Paris · texte numérisé non relu

Moïse Cacnac, Fénelon, 132-135, Paris

3. Baruzi, Leib., 348 (1698) ; Ibid., 352-354 ; — Gerh., Fhil., VI, 498 (L. à la Reine de Prusse, 1700-1705).

On nie la possibilité d'une révélation quelconque, en disant que tout ce qui est supérieur à la raison est par là môme contraire à la raison1.

On nie la possibilité du miracle, sans lequel aucune révélation ne peut authentiquer son origine.

Ou, sans remonter à ces questions préalables, on soutient avec ténacité que la religion dite révélée, ou chrétienne, contient certains dogmes qui sont irrationnels.

Mais ces difficultés, si épineuses qu'elles soient par places, se laissent pourtant réduire.

On a déjà vu que le détail de la nature est infini, qu'il est inépuisable. Il y a donc dans cette multiplicité des éléments qui échapperont toujours à l'effort de notre analyse si loin que nous la poussions. Et voilà une première catégorie de vérités surnaturelles.

D'autre part, « la Raison ici est l'enchaînement des vérités, que nous connaissons par la lumière naturelle », c'est-à-dire des vérités qui formulent notre expérience ou s'en déduisent de quelque manière. Or notre expérience ne nous donne aucun espoir d'atteindre à la science adéquate de l'être : Il pourra toujours y avoir, en dehors de sa zone, des formes de l'existence que nous ne sommes capables d'atteindre ni par intuition ni par déduction 2. Et voilà une autre catégorie de vérités surnaturelles, supérieures non à la raison de Dieu, mais à la nôtre. « Tel est, à mon avis, la Sainte Trinité; tels sont les miracles réservés à Dieu seul, comme, par exemple, la Création; tel est le choix de l'Ordre de l'Univers, qui dépend de l'Harmonie universelle, et de la connaissance distincte d'une infinité de choses à la fois3. »

C'est à ces deux sources en même temps, une intuition plus profonde de la nature et une connaissance surhumaine des perfections divines,, que Jésus-Christ a puisé l'idée de son « Royaume céleste » où tout se résume dans l'a-

1. Gerh., Phil.f III, 28 (Einleilung); — Erd., 474-475 (Théod.); Ibid., 486, 495a.

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