‹ LeibnizChapitre 289 sur 310 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Ibid., 31. — Leibniz lui-même avait établi à Berlin une culture de vers à soie, pour subvenir à l'entretien et progrès de l'Académie royale de cette ville, fondée sur ses instances. V. sur ce point : Klopp, X, 246 [L. à Sophie-Charlotte, 18 demayl704); Ibid.,2iS {Sophie-CharlolleàLeib.,1 de juin 1701) ;Ibid., 379 (L. au Comte de Wartemberg); Ibid., 384-387 (L. à Sophie-Charlotte, 8 may 1703).

D'autre part, dans une lettre à l'Impératrice Amélie de juin 1715 (Klopp, XI, 43-44), il fait demander à l'Empereur d'appliquer « aux sciences et arts » un impôt sur le papier qui est devenu libre.

4. Klopp, X, 24-25. — Comme je l'ai fait voir dans un article de la Bévue pratique d'apologétique (mars 1915), Leibniz a proposé aux Allemands la doctrine du Christ : il a voulu simplement en fournir les bases rationnelles. Maison peut le regarder néanmoins comme l'initiateur et le premier directeur de la politique des Brandebourg. Il a cru voir dans cette famille le levier qu'il cherchait depuis longtemps pour pousser plus avant l'union des « Eglises protestantes ».

Le progrès par l'industrie et le commerce î Aristote n'en voulait pas ou du moins ne les acceptait que dans la mesure des nécessités de la vie; et la raison de cette espèce d'ostracisme, c'est que l'homme se rabaisse à ce genre d'occupations ser viles. Nous avons tourné le dos à ce bel idéal. L'avenir dira si nous avons raison. Pour le moment, on est tenté de penser avec Kant que L'homme est infiniment maladroit dans l'art de chercher son bonheur. Nous aspirions à l'harmonie par la science : la science était devenue notre unique « divinité ». Les faits ont répondu par le plus terrible abus de la force que l'on ait jamais vu sous le soleil. CetÉden si longtemps rêvé, c'est l'humanité tout entière qui s'entre-dévore. « 0 ridicolosissimo eroe ». Mais revenons à Leibniz dont l'idée de fond nous parait plus encourageante.

Jésus-Christ « seul a fait voir combien Dieu nous aime, et avec quelle exactitude il a pourveu à tout ce qui nous touche ; qu'ayant soin des passereaux, il ne négligera pas les créatures raisonnables qui luy sont infiniment plus chères ; que tous les cheveux de nostre teste seront comptés ; que Dieu a plus d'égards à la moindre des ames intelligentes, qu'à toute la machine du monde ; que nous ne devons point craindre ceux qui peuvent détruire le corps, mais ne scauraient nuire aux ames, puisque Dieu seul peut les rendre heureuses ou malheureuses...; qu'aucune de nos actions n'est oubliée; que tout est mis en ligne de compte, jusqu'aux paroles oisives, et jusqu'à une cuillerée d'eau bien employée ;... que les justes seront comme des soleils, et que ny nos sens ny nostre esprit n'a jamais rien gousté d'approchant de la félicité que Dieu prépare à ceux qu'il aime »*.

Telle est « la cité de Dieu », d'après les Évangiles. Leibniz a voulu nous en faire connaître les fondements philosophiques. Et, sans doute, tous ces fondements n'ont pas la fixité qu'il y voyait. Mais ils contiennent un ferment de vérité qui laisse l'espérance au cœur.

Page 1