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Bar., Leib., 233 (L. à Daniel Larroque, 7 avril

hymnes d'une beauté admirable1. » Convertir les monastères en académies ou en hôpitaux et maisons de bienfaisance : tel a été l'un des rêves de Leibniz; et ce rêve il l'a fait lorsqu'il était encore assez jeune : il l'exprime déjà vers l'année 1678 2. Il va même un peu plus loin dans ses tendances utilitaristes; il trouve que certains monastères souffrent de l'excès de leur richesse et ne serait pas fâché d'en voir une partie affectée de quelque manière au paiement de certaines fonctions publiques3. C'est une idée de notre Révolution Française qui commence de l'autre côté du Rhin en plein xvne siècle, très timidement, il est vrai, et avec toute la retenue qu'imposaient les mœurs du temps.

Ainsi pensait Leibniz sur l'utilisation des congrégations religieuses à l'intérieur de la civilisation. Mais tout n'est pas là, pour lui; la question présente un autre aspect, plus important peut-être, et qu'il ne manque pas de dégager.

Les congrégations religieuses sont, pour l'Europe, autant de forces d'expansion, comme le travail des missionnaires l'a bien montré et le montre de plus en plus chaque jour. Ces forces, dont il sent la portée incalculable, Leibniz voudrait qu'on leur donnât une direction plus rationnelle ; il faudrait, d'après lui, que l'on prêchât aux Chinois, non point une théorie plus ou moins vague et « entachée de superstitions », mais une doctrine dont les preuves mathématiquement rigoureuses seraient présentées dans une langue de même exactitude. Le vœu de Leibniz est que l'on prêche aux « célestes » en caractéristique.

[Les contemplatifs], dit-il dès l'année 1678, « formeront cette langue admirable » « où tout se réduit au calcul » : « Les missionnaires pourront s'en servir pour la conversion des peuples4. » Plus tard, vers 1680, il écrit dans le même sens au landgrave de Hesse : « Je me souviens que je fis

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