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I. Quel est ce but

II. Leipzig. — Premières années de Leibniz: — ses lectures; — comment il découvre sa « caractéristique ».

III. Mayence ou première période diplomatique. — Rencontre à Nurnberg du Baron de Boinebourg; — la Défense de la Trinité, la Confession de la nature contre les athées, Préface à Nizolius ; — mais d'autre part, une œuvre nouvelle : Leibniz entre en contact avec l'état politico-religieux de l'Europe;

— l'élection du roi de Pologne; — « réflexions sur la sécurité publique » i

— la guerre de Hollande et le projet d'expédition d'Égypte; — l'idée de Leibniz : elle est trop grande pour être comprise.

IV. Paris ou période principalement scientifique. — Leibniz étudie les sciences mathématiques; il le fait avec passion; mais il ne laisse pas d'y apporter des préoccupations moitiés et religieuses : pour lui, la connaissance des mathématiques est l'unique moyen d'établir un système de croyances qui ait « la rigueur d'un calcul », ce à quoi il pense depuis sa jeunesse.

V. Hanovre. — 1° Tristesse de Leibniz à la vue de cette petite ville; 2° les controverses religieuses : comment Leibniz y continue son plan; 3° terrible ensemble de « distractions »; études personnelles de Leibniz ; le but commun qu'il y poursuit est de donner une doctrine philosophico-théologique qui soit un chapitre de « l'Algèbre universelle » ; 4° efforts pour répandre cette doctrine : Charles XII, Pierre le Grand, les missionnaires.

Réunir tous les hommes en une seule famille qui ait la même science, la même religion et la même langue : tel a été le but que Leibniz s'est proposé. Cette religion devait être le christianisme; et cette langue, la caractéristique universelle.

Issue de la Renaissance, particulièrement de Gomenius et de Kircher, cette idée est devenue la fin dominatrice vers laquelle converge, comme autour d'un centre, sa longue et prodigieuse activité.

C'est à Leipzig qu'il la découvre, à l'âge de 26 ans. Le séjour de Mayence en représente la première période diplomatique; le voyage à Paris, la principale période scientifique. Et, pendant sa longue résidence dans la ville ducale de Hanovre, il travaille sans relâche et jusqu'au bout à la faire valoir, tantôt sous un aspect, tantôt sous un autre, suivant l'occurrence des événements. C'est dans ce dessein, par exemple, qu'il essaie avec tant de persévérance et sous des modes si divers d'opérer la réunion des Églises : il s'agit de reformer le noyau central et actif autour duquel tout le reste viendra se grouper. Il obéit à la même pensée, dans la composition de ses grands ouvrages, tels que les Nouveaux Essais sur l'entendement, la Théodicée et la Monadologie : il se propose d'y donner la doctrine qui doit être celle de l'humanité future. S'il s'intéresse à la destinée de Pierre Ier, s'il suit avec une curiosité sympathique les progrès que font les missionnaires, particulièrement les Pères Jésuites, c'est qu'il espère trouver en celui-là un protecteur, en ceux-ci des apôtres, pour propager en Orient la science de l'Europe, la religion de l'Europe, et la langue dont il a lui-même découvert le principe. Ainsi des autres initiatives de Leibniz : nous pensons du moins le faire voir avec preuves à l'appui.

Il va sans dire que, lorsque nous parlons ici de périodes, on ne doit pas entendre ce mot dans un sens trop rigoureux. Il ne s'agit pas de tranches aux contours précis, comme celles que l'on obtient en coupant un fruit par le milieu : l'on ne trouve rien de pareil dans la suite des événements qui composent une vie humaine, encore moins dans celle de Leibniz qui remuait tant de choses à la fois. Mais ce terme ne laisse pas d'avoir sa signification. Bien que portant sur une œuvre une et continue comme les ondes de la mer, il sert néanmoins à marquer les phases dominantes qu'elle a traversées pendant sa formation; il sert du même coup à jeter un peu plus de lumière sur le devenir intérieur de Leibniz.

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