Cout., Op
l'art d'inventer.
jicimus syllogismum » : telle est aussi sa devise ; et voici la raison principale qu'il apporte à l'appui de son sentiment. Qu'est-ce au fond que le syllogisme? 11 consiste, étant donnés deux termes A et G, à trouver par l'intermédiaire d'un troisième terme B, qu'ils présentent un trait commun. Mais, s'ils présentent un trait commun, inutile pour le discerner de recourir à quelque autre lumière que la leur. Qu'on les examine directement, qu'on approfondisse le mystère de leur nature; il arrivera fatalement un moment donné où le trait qu'ils ont tous les deux, se mettra de lui-même en évidence1. Il n'y a donc qu'une déduction qui soit conforme à la réalité, c'est celle que l'on appelle immédiate : c'est « un mouvement continuel et non interrompu de la pensée, avec une intuition distincte de chaque chose »2.
Leibniz est moins exclusif. « Je ne suis point d'avis, dit -il, qu'on rejette les syllogismes3. »
Il s'est adonné dès l'âge de douze ans à l'examen de la logique scolastique; et c'est cette étude qui lui a suggéré l'idée de sa combinatoire 4. Il a même remarqué dès sa jeunesse, « lorsqu'il épluchait ces choses », que ce procédé de création aristotélicienne se pouvait encore raffiner; et, de fait, il n'a pas tardé à découvrir « que les quatre figures ont chacune six modes, de sorte qu'il y a 2i modes en tout » 5. Leibniz connaît à fond le mécanisme du syllogisme ; et voici l'idée qu'il en a toujours eue.
Le syllogisme n'est pas une opération où l'on va du même au même, comme l'a prétendu Locke; la connaissance y fait du progrès, aussi bien que dans l'analyse directe. « La logique des syllogismes est véritablement démonstrative, tout comme l'arithmétique et la géométrie6 ». Et tout n'est pas là.