‹ LeibnizChapitre 76 sur 310 · Geml, PhiL, VII, 198; — Erd., 397b (N. Essais · texte numérisé non relu

Geml, PhiL, VII, 198; — Erd., 397b (N. Essais

3. Erd., 674 a-b {De la sagesse, 1667); — Gerh., PMI., I, 205 (L. à Conring, 1678); — Cout., Op., 377, 388 (1686).

l'identité, vu que tout prédicat n'est qu'un développement du sujet défini; mais, dans l'intérieur de cette frontière, elle va sans cesse du même à l'autre, et par une marque d'insuffisance qui est dans le même : là se trouvent à la fois son guide et son mobile1. Et voilà pourquoi elle ne s'arrête pas, comme on pourrait le croire d'après certaines paroles de Leibniz, à la considération des « natures simples ». Car ces natures elles-mêmes sont toutes marquées au coin d'une insuffisance radicale ; elles ne satisfont totalement le principe de raison que lorsqu'on leur a trouvé un sujet d'inhérence qui existe en soi et par soi : elles ne deviennent pleinement intelligibles que pour celui qui les situe en Dieu ou en fait un aspect de Dieu. Aussi Leibniz va-t-il jusqu'à dire formellement « qu'il n'existe qu'une chose dont le concept soit réellement primitif » ; et parce qu'il n'y en a qu'une qui puisse être connue par soi : à savoir « la suprême substance », celle de l'Infini2.

Il y a donc à cet égard une différence profonde, une différence irréductible entre la théorie de Kant et celle de l'auteur des Nouveaux Essais. D'après Kant, il existe des jugements synthétiques à priori, c'est-à-dire des jugements universels et nécessaires où le prédicat s'ajoute au sujet, au lieu de dériver de son essence. Par suite, notre connaissance intellectuelle n'obéit pas au principe de continuité; il s'y fait comme des abîmes béants et ténébreux en face desquels tout pourquoi devient à jamais inutile. Leibniz se serait révolté contre une pareille faillite de la raison. D'après sa conviction la plus persistante et la plus intime, toute tache doit disparaître du soleil de la pensée pure; la loi de l'entendement est de passer de la lumière à la lumière par la lumière elle-même3.

L'Analyse rationnelle de Leibniz diffère aussi de celle qu'enseigne Descartes, mais à un autre point de vue et moins fondamental. Descartes cède à la mode de son temps. « Re-

1. Cout., Op., 11 (vers 1687 ou peu au delà), 33, 270, 401-402, 513, 519, 525 (après 1696), 545; — Erd., 355% 379b, 393a (N. Essais)-, Ibid., 707b, 32-33 (Monad., 1714).

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