‹ LeibnizChapitre 92 sur 310 · L ART 1) INVENTER · texte numérisé non relu

L ART 1) INVENTER

de progrès en vingt ans... que n'en ont réalisés jusqu'ici des siècles d'expérience et de raisonnement1. » IL est vrai que l'organisation complète de ces éléments suppose que Ja science, telle qu'on la conçoit en général, est déjà une œuvre achevée. Mais, avant d'être, ces deux choses doivent se faire; et leur développement présente une sorte de parallélisme où la caractéristique accuse de plus en plus son rôle d'ordonnatrice : tout progrès de la science fait avancer la caractéristique; mais aussi tout progrès de la caractéristique fait avancer la science. Ces deux formes d'un même savoir grandissent de pair et l'une par l'autre, sur la route indéfinie de leur devenir. Supposez d'ailleurs que la science ordinaire atteigne un jour son point suprême de perfection, la caractéristique n'y perdra rien de son utilité. Celle-ci sera encore l'expression la plus exacte de celle-là ; et, par suite, elle en fondera comme auparavant l'emploi le plus commode et le plus sûr.

La caractéristique est le but ultime auquel il faut tendre. Mais en attendant cette conquête définitive, et même pour la préparer, il est nécessaire de construire une sorte d' « Atlas » rationnel de toutes les connaissances humaines que l'on possède déjà : ce qui peut s'appeler du nom d'« encyclopédie »2. On aurait ainsi le seul moyen provisoire possible de « faciliter l'invention » et de « pousser la science » ; « car il soulagerait la mémoire et nous épargnerait souvent la peine de chercher de nouveau ce qui est déjà trouvé3 ». En même temps, chacun des progrès que l'on ferait dans cette entreprise, serait un gain de plus pour « l'art des arts » qui est comme la limite de notre activité. Un labeur de ce genre provoquerait peu à peu et naturellement 1 eclosion du « grand œuvre », tout en répondant au besoin le plus

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