‹ LeibnizChapitre 93 sur 310 · Erd · texte numérisé non relu

Erd

pressant des connaissances actuelles, qui est de « mettre un peu d'ordre » dans le capital acquis1.

Il ne faut donc pas s'étonner que Leibniz ait apporté autant d'ardeur et de persévérance à réaliser son « Encyclopédie » qu'à construire la caractéristique elle-même. Si elles nous apparaissent l'une et l'autre comme deux préoccupations dominantes de sa vie , c'est qu'elles partent de la même idée et sont essentiellement solidaires2.

Comment Leibniz concevait-il son « Encyclopédie »? Il nous l'a dit lui-même à plusieurs reprises, particulièrement dans un coupon sur la division de la philosophie et vers la fin des Nouveaux Essais. Son désir était que l'encyclopédie fût disposée en deux parties principales : Tune « synthétique et théorique, rangeant les vérités selon l'ordre des preuves, comme font les mathématiciens, de sorte que chaque proposition viendrait après celles dont elle dépend » ; l'autre « analytique et pratique, commençant par le but des hommes, c'est-à-dire par les biens, dont le comble est la félicité, et cherchant par ordre les moyens qui servent à acquérir ces biens ou à éviter les maux contraires ». Mais ce recueil de connaissances devait être accompagné d'une « espèce de répertoire, soit systématique, rangeant les termes selon certains prédicaments , qui seraient communs à toutes les nations; soit alphabétique selon la langue reçue parmi les savants ». Car « ce répertoire serait nécessaire pour trouver ensemble toutes les propositions où le terme entre d'une manière assez remarquable »3. En somme, l'Encyclopédie, telle que la concevait Leibniz, était une ébauche de sa caractéristique, et faite d'après la même loi de coordination qui consiste à remonter du complexe au simple pour y trouver « l'origine de toutes les inventions » 4.

Page 1