F. de Careil, éd. cit., t. Vi, p
4. Klopp, éd. cit., t. Il, p. 385 : « At ^gypto occupata ponelur in Africa sedes potentia? Christianaî ; et Barbari non de invadendis alienis, sed tuendis suis cogitabunt. »
5. Id., ibid. — C'est proprement un des aspects du problème marocain. — Cf. plus haut p. 29.
L EGYPTE
SOUS leur barbarie il devine une civilisation. Les Abyssins sont chrétiens, Iiospitaliers pour les voyageurs, pèlerins assidus de la Terrje Sainte'. Il ne néglige pas l'Afrique méridionale. Mais toutes ces lentes entreprises à Madagascar lui paraissent stériles. Au contraire, TÉgypte une fois conquise, Socotora- et toutes les îles avoisinantes sont en même temps possédées, qui consolident la colonisation française de la lointaine Madagascar. Le christianisme est ainsi porté dans toute l'Afrique. Quant aux îles de rOcéan Indien, peut-être semblent-elles à Leibniz autant de traits d'union avec les terres australiennes, qu'il rêve d'atteindre ;. De là, il remonte jusqu'au Japon et jusqu'à la Chine, « terre d'une civilisation très haute (si Ton fait exception de la vraie foi '). »
Telle serait, si du moins l'on ordonne les vues de Leibniz, la première voie économico-religieuse du monde. Égypte- Abyssinie-Afrique centrale ; Socotora-Madagascar ; Socotora- Australie ; Socotora-lnde-Japon-Ghine.
Mais comment distinguer ceux qui, parmi ces pays, peuvent nous offrir autre chose que leurs richesses ? Les Hindous sont affadis. Insérons-nous dans leur riche oisiveté. Par delà nous trouvons la Chine, dont Leibniz dès cette époque a eu la vision. S'il a tant célébré l'Egypte, c^est parce qu'à côté de toutes les voies commerciales elle ouvrait une route vers cette Chine inaccessible, qui le devait toujours fasciner.
1. Cf. j)lus loin 1>«» partie, ch. m. les idées de Leibniz sur l'Abyssinie, pp. 153-54. .
2. Leibniz précise la valeur de l'Ile de Socotora. (Cf. Klopp. éd. cit., t. H, p. 254). Il cite également Bosra ou Bassora, dont limportance avait été considérable au temps de Soliman le Grand (Id.. t. Il, p. 30'J). Cf. Histoire générale du /F« siècle à nos jours, ouvr. cit., t. IV, ]). 7i>0.