Id. Ibid
3. Id., t. II, pp. 5G et 410 : « Scholam l-hiropcT militarem. »
l/ EGYPTE
glise à Rome même : quelle meilleure source de réformes que cette guerre qui délivrera Fltalie de ses frayeurs et rendra la France directrice de toute la Méditerranée?
« Parcourir Funivers à la façon d^un Alexandre ou d^un César», dit profondément Leibniz, « et vouloir, surtout parmi les chrétiens, renverser les familles régnantes et les empires affermis, c'est une entreprise insensée et contraire à la présente condition des choses ', » Le roi de France doit aspirer non à cette domination surannée et impossible, mais à la « direction générale ou arbitrage des choses' ».
Il ne Fobtiendra pas par des guerres terrestres. « Pour moi », dit Pomponne, dans un « Conseil royal » imaginé par Leibniz, « je ne considère point les victoires ni les bittes sur terre comme d une grande importance pour la prééminence politique. Si nous avons la prépondérance sur mer, les soulèvements de r Autriche et de rEspar/ne pourront sans dan- (jer être méprisés, bien plus être vaincus ■'. »
On ne saurait trop accentuer la valeur de cette phrase divinatrice. Leibniz se sépare nettement désormais de tous les conquérants d'ordinaire glorifiés par nos enthousiasmes, mais qui, malgré leur génie, n^ont su que galvaniser une forme d'ambition toujours la même et par avance condamnée à la mort. Au contraire, il se montre réellement annonciateur de la guerre mondiale à laquelle se voueront sans doute désormais les puissances. Si neuve apparaît ici sa pensée que peut-être notre temps ne la saurait déjà entendre. En tout cas,