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Inédits. — Théologie; Vol. XX, 1« 212-
verso.
LA GENÈSE RELIGIEUSE
Ensuite, Leibniz entreprend de commenter la page de Pascal. Il écrit ces mots : « Jusqu'ici, Monsieur Pascal », puis il s'arrête, reprend à la ligne suivante : « Ce qu'il vient de dire de la double infmité n'est qu'une entrée dans mon système. » Il continue de sa plus fine écriture sur les deux bords de la page; et les ratures apparentes, assez troublantes au premier abord, sont en réalité des flèches indicatrices allant de la dernière ligne de la page au bord gauclie supérieur, puis de la moitié de la ligne latérale gauche à l'espace vide du deuxième ahnéa ; enfin, de l'autre extrémité des lignes latérales gauches aux lignes latérales droites. Mais bientôt la page est entièrement couverte. Alors, d'une écriture à peine lisible, Leibniz trace ces mots en allemand : « Was am Rand von mir addiert, liabe ich besser auf ein ander Papier geschrieben^ » Or, sur cette autre feuille, qui a été également retrouvée -, Leibniz, encore tout possédé par les pensées qu'il vient de faire vivre en lui, développe son propre système. Et, sans doute, ce n'est là qu'un magnifique thème parmi tant d'autres, où il glorifie sa doctrine. Mais la beauté môme du texte est significative. Si Leibniz eût été seulement intéressé, eût-il pensé à se donner à lui-même une vision lyrique du monde ? Car une telle page n'est destinée à aucun correspondant, ni vouée à aucun ouvrage. Vraiment Leibniz se parle à lui-même. Eût-il été si éloquent, s'il n'eût tout d'un coup reconnu en Pascal un métaphysicien d'analogue essence? Tout s'éclaire, dès lors : ces ratures surprenantes sont comme la marque, visible pour nous, d'un
1. « Ce qui est ajouté par moi au bord (de cette page), je lai mieux écrit sur un autre papier. » Les mots : « Ander » et « geschrieben » sont douteux. En examinant attentivement le manuscrit, on s'aperçoit que les mots « habc ich besser » sont écrits deux fois.