Id., t. I", p
LA RECHERCHE DE LA VRAIE ÉGLISE
Que Ton n'accuse pas Leibniz de réclamer trop peu des Protestants. La condition indispensable de l'union sera une obéissance profonde. Seule, d\ailleurs, la désobéissance est damnable^ Mais qu est-ce qu une obéissance qui ne se fonde pas sur Tamour divin ^ ? Les Catholiques se croient obéissants. Le sont-ils quand ils cessent d'aimer leurs frères? Ceux qui excommunient les Protestants désobéissent et deviennent opiniâtres. Dès lors, ils ne sont plus de cette « Église » qulls allèguent si fort. Ce sont des « supérieurs ecclésiastiques hors du corps ^ ». L^Église en effet ne peut damner. En abandonnant Tamour qui la fait être, le Chrétien préfère aux commandements de Dieu la volonté des
hommes'.
En réalité, si les Protestants accomplissent leurs promesses, ils sacrifieront suffisamment à PÉglise romaine i)Our que celleci s'efforce de supprimer en elle-même leschosesqui jusqu'ici découragent la bonne volonté des Protestants. Car, si les Catholicpies persistent à ne point vouloir se réformer de favon radicale, le schisme est sans limites. Un homme, tel que Leibniz, qui veut réaliser l'union, ne peut cependant se dire eœténeitrement cathohque, tant que l'Église ne se transformera pas. Comment abjiu'cr une foi native, si Ton est convaincu que de nombreuses opinions philosophiques ne seraient pas acceptées des théologiens romains, le jour où on les révélerait ? Dira-t-on qu'elles sont dissimulables ? Sans doute, un Catholique romain, né dans la communion romahie, écrirait sans renoncer à son Église, jusqu'à ce qu il y fut con-