‹ Leibniz et l'organisation religieuse de la terre [microform]Chapitre 175 sur 306 · F. de Careil/éd. cit., t. I", p · texte numérisé non relu

F. de Careil/éd. cit., t. I", p

LA RECHERCHE DE LA VRAIE EGLISE

l'infaillibilité. Très étrange d'abord semblera sa théorie. Mais, telle est invariablement celle qu'il sous-entend ou formule : L'Église sera infaillible, en ce qu'elle ne fera jamais prévaloir entièrement sur la vérité « une erreur damnable » et ne décrétera jamais un dogme contraire à la foi « salutaire^» ; mais elle pourra être faillible, lorsqu'elle déterminera ce qui concerne cette foi. D'où ce théorème, en apparence tout sophistique : L'Église ne se peut tromper en ce qui est de la foi ; mais elle peut errer, quand elleyi/^e ce qui est de la foi^

Doctrine où transparaît sans doute la plus profonde essence du leibnizianisme. L'inspiration surnaturelle se concilie en effet avec l'inconscient. Dire que l'Eglise se peut tromper quand elle juge ce qui est de la foi, c'est affirmer qu'elle doit laisser parler en elle les forces supra-rationnelles, qui seront, comme on voudra, ou l'inconscient ou l'inspiration divine. Quand Leibniz soutient ailleurs « que les perceptions remarquables viennent par degrés de celles qui sont trop petites pour être remarquées'^ », ou que « nous savons bien des choses auxquelles nous ne pensons guère* », il parle seulement, en apparence, de ces « principes » sur lesquels on s'appuie à tous moments « quoiqu'on n'y pense pointS). Mais, l'infaillibilité ne serait-elle pas réductible à ces « principes ? » L'Église ne doit-elle pas s'approfondir elle-même, et effacer, selon ses forces, les mauvaises coutumes, destructrices de la lumière interne ? Et certes, de ce combat qui se renouvelle en chacun de nous, l'Écriture parle autant que la philo-

\. F. de Careil, éd. cit., t. ^', p. 184, noie 1.

Page 1