de Gareil, éd. cit., t. ^^ pp
L EGLISE UNIVERSELLE
Or, si celle Eglise est infaillible, un Concile ne peut être erroné ; et Ton ne récuse point ce Concile sans nier l'infaillibilité même de l'Église qui le consacra.
Bossuet pourtant ne demande pas qu'on accepte aveuglément tout Concile. La preuve irréfutable d'un Concile réside dans le consentement du corps ^'
Mais que signifie ce consentement ? Quel accueil réservera FEgiise romaine à la protestation d'un groupe ou d'un individu ? Ne les accusera-l-elle pas de schisme ? Pour qu'une fraction du corps suspecte l'autre, il faut que par là môme elle doute de l'infaillibilité de l'Église. L'Église romaine n'aurait-t-elle donc d'autre ressource que de s'incliner devant tout Concile ?
Le Christianisme, cependant, par delà la volonté d'un homme tel que le Pape ou d'un groupe d'hommes tel qu'un Concile, semble insérer l'infaillibilité en le lien mystique de tous les membres de l'Eglise. Ici encore, le point de vue « divin » nous doit éclairer. Les membres du Concile furent « consacrés ». A ce moment indivisible, en eux s'est infusée une vertu universelle. Désormais, ils sauront écouter le consentement de l'Eglise, conformer leur propre jugement au jugement de tous. Mystique interprétation, peut-être, d'un événement permis à nous tous :La pénétration des idées superficielles par cette raison plus profonde, largement humaine, qu'il appartient à chacun de nous de découvrir au-dedans de son âme.
Néanmoins, aucune précision n'est apportée de cette manière à l'idée d'infaillibilité. Au contraire, Leibniz, qui étendait indéfiniment la notion d'Eglise, s'efforce de limiter