Gott ist uber Namen und iiber Natur
l'église universelle
contesté cette formule, mais il eut admis aussi qu\adorer Dieu devant son image extérieure et Tadorer devant l^image intérieure qui le représente en notre esprit sont deux mouvements connexesS puisque la i)hilosophie et les arts sont destinés à honorer Dieu^ C'est dire à quelle hauteur se doit maintenir le culte des Images. En définitive, Lei!)niz api)rOuve les images quand elles viennent exciter Tattention des hommes et se transforment ainsi en occasions extérieures de développements tout internes. Telle serait ici la formule monadique de sa pensée \ Toute parole, tout hymne, toute architecture, toute sculpture sont justifiés comme expression et ne rencontrent i)oint de dédain auprès de Dieu.
Ce culte, magnifié par le génie artistique et la profondeur religieuse, ne se réalise nullement dans les Éghses. Leibniz écrit, dans un pamphlet contre les superstitions chrétiennes, que toutes les idolâtries païennes ont été ressuscitées, et quelquefois môme d\me manière plus grossière, par la plu[)art des Chrétiens \ De multiples causes, quun homme du xvii^ siècle ne peut dégager entièrement, doivent ici èli'e recherchées. Les abus du culte des Images n^étaient [)as sans corrélation avec la décadence des images elles-mêmes et avec la complète méconnaissance de leur rôle primitif. Essentiellement, dans rart du Moyen Age, Timage ne pouvait sans blasphème être isolée du bâtiment total. Qui se serait avisé
i. F. dv Gareil.éd. cit.. t. I", p. 580. Syst. Théolog. 2. Id., t. l", p. 572. Syst. Théolog.
3 « Pour moi, je reconnais quil faut exciter l'attention des hommes par nuelnue cliose de sensible, pourvu que cela ne détourne pomt 1 esprit (dont la capacité est bientôt remplie par des images cpii viennent des sens) de l'adoration en esprit et en vérité que Dieu demande. » Lettre inédite au Landgrave von llessen Rheinfels. Liasse I-, f" 264.
4 Cf Inédits, Philosophie, vol. lll, 11 <10 f»» in-8»). /neUi/ capital, dont on trouvera d'importants fragments plus loin. Conclusion [)p. 486-41)1.
L OBSTACLE
de j)lacer dans une église, comme on Ta vu depuis lors, "des statues indépendantes de rarchileclure, véritables idoles, cette fois, puisque leur existence devenait particulière et se manifestait comme une fin adorée, au lieu de se maintenir simple prolongement, plus durable, de Tadoralion humaine? Au Moyen Age, au contraire, Timage spéciale se fondait dans Flmage totale, ensemble de peintiu'c, de sculpture, d'arcliiteclure et de musique, qui se voulait un mouvement humain vers Dieu. Qu'importent les superstitions, où alors çà et là s'attardèrent les élans des àmes.^ En fait, l'art du Moven A^'e se mat^nifiait par Tespérance de formider matériellement et comme d'anticiper la gloire de Dieu; il ordonnait, par de puissantes excitations extérieures, les pensées internes et confuses des fidèles.
Principes que par mallieur un penseur du xv!!*" siècle ne pouvait vérifier historiquement. Certainement, d'autre part, la foi réformée du xvii® siècle exi<2:eait un art nouveau. Mais l'abondance des idolâtries était sans nul doute halée par la mullij)lication des idoles « fabriquées » sans insj)iration et sans ferveur. Il y eut là une série d'actions et de réactions que l'on n'a pas assez remarquées.
Problèmes graves pourtant. Car j)our un Leibniz les sources persistantes du schisme étaient les pratiques et non les théories. ]3epuis longtemj)s, il pensait que théoriquement la Réforme, par l'interméchaire du Jansénisme, regagnerait l'Eglise romaine, sans difficultés insurmontables \ Au contraire, des pratiques injustifiables s'obstinaient; abus que les Catlioliques constataient et voulaient su[)primer, mais sans cette décision évidente et hautaine qui donne confiance à l'ad-