Sur Leibniz et le Jansénisme, v. plus loin, pp
L ÉGLISE UNIVERSELLE
versaîre. A des objections sur les idolâtries de certaines confréries, BossLiet répondait qu'il « est inutile de les alléguer comme une matière de rupture, puisque après tout personne
n'est oblig'é d'en être ^ »
Réponse bien faible, en vérité, et bien insuffisante, quand il s'agit d'attirer à soi dos hommes qu'arrêtent les abus. Mais, pour Bossuct, ces abus eux-mêmes sont chose accès- . soire. Que chaque évoque, dans son diocèse, les ré|)rime! En fait, l'Église les désapprouve et le Concile de Trente a formulé la vraie doctrine". La réunion ne peut être « empochée que par des choses auxquelles on soit obligé dans une communion^ o. Et si elle était empochée par la frayeur intime de participer à des Églises corrompues? Bossuet néglige par trop ici les scrupules intérieurs. Mais, encore maintenant, sa doctrine est logique. Si l'Église est craie, tous doivent arriver à en comprendre la vérité. Qu'importent les abus, déplorables mais secondaires, au prix de la théorie qu'il faut « exposer? » Et, en effet, affirme Leibniz, si l'Exposition suffisait toujours, Bossuet triompherait^ Mais il est des articles où les démonstrations ne peuvent gagner immédiatement les esprits. Rien ne remplacera donc, en ce cas, une sorte d'union préalable. Bossuet nie pareille doctrine : « Vous dites à M. Pellisson que s'il ne s'agissait que d'exposition, j'aurais tout gagné; et j'ose vous dire, Monsieur, que ce n'est que de cela
1. F. de Gareil, éd. cit., t. I«% p. 375. Lettre de Bossuet à Leibniz, 27 juillet 1692.
2. Id., t. ^^ p. 503. Lettre de Bossuet à Leibniz. Entre juin et octobre 1693.