Id. p. 187. Par
l'Egypte
vinces allemandes rhénanes. Sans doute Leibniz propose des remèdes naïfs. Il conçoit un peu facilement l'Empire libéré des alliances oppressives et capable désormais d'une union intérieure. Il décrit de même d'une façon tout abstraite le rétablissement des villes hanséatiques et du plus sévère protectionnisme; il demande le développement des villes purement allemandes comme Nûrnberg, « où les anciens costumes subsistent encore ^ » Et de tout cela, pressent-il, peut surgir l'unité allemande.
Remèdes simplistes, certainement. Mais Leibniz sait très bien toute l'insuffisance de son plan. Formellement il le développe; mais déjà il s'attache essentiellement à un autre : le projet de conquête de l'Egypte est latent au-dessous de toutes les combinaisons indécises et moyennes. « Quant à l'Asie », écrit Leibniz, « je crois que si le roi de France possédait Constantinople et le Caire, tout l'Empire turc serait conquis en même temps. Et plût à Dieu qu'il cherchât un tel chemin vers la monarchie ! mais il y a encore pour l'instant à ce sujet mauvaise apparence^ ».
Sans doute, il est facile de dire que Leibniz a seulement songé, par ce projet depuis longtemps pressenti dans son œuvre, à détourner Louis XIV de toute ambition despotique