‹ Leibniz et l'organisation religieuse de la terre [microform]Chapitre 225 sur 306 · Id., t. Il, p. 290. Môme lettre · texte numérisé non relu

Id., t. Il, p. 290. Môme lettre

Baruzi.

L ÉGLISE UNIVERSELLE

de l'orthodoxie juive. De plus, le terme de « canonique » ne se doit pas interpréter d'une seule manière. « Nier qu un livre soit canonique en un sens, ce n'est pas nier qu'il le soit en un autre; nier qu'il soit, ce qui est très vrai, dans le canon des Hébreux, ou reçu sans contradiction parmi les Chrétiens, n'empêche pas qu'il ne soit au fond dans le canon de l'Église, par l'autorité que lui donne la lecture presque générale, et par l'usage qu'on en faisait par tout l'univers ^ »

Telle est toujours la doctrine de Bossuet. Elle fait appel à rinfaiUibilité du corps ecclésiastique. Mais dès lors elle emprunte sa force à un fait dénué de clarté : le consentement. Logiquement, le consentement est une donnée qui doit être critiquée comme l'expérience elle-même. Gomme cette expérience, il est une confusion. Grâce à la discipline philosophique, nous ne trouvons jamais clairs des faits non critiqués. Ici, que; signifie ce consentement? Est-ce celui d'une minorité, ou au contraire celui du plus grand nombre ? Il faut discerner la tradition vraiment fixée de celle qui, plus ou moins multiforme, se désagrège. Et par suite il ne faut point imposer comme de foi ce qui ne fut pas toujours évidemment reçu C07nme tel. Gar peut-être ne suffit-il pas qu'une doctrine ait été reçue, pour qu'elle mérite de devenir article de foi ; encore faut-il qu'elle ait été reçue coimne de foi \ Seulement ainsi se peut concevoir cette perpétuité d'une rehgion révélée ayant eu d'abord sa perfection.

Dès lors, l'entreprise de décréter l'infaillibité de tous les livres de FAncien et du Nouveau Testament constitue une innovation inacceptable. Les Protestants voulaient qu on distinguât entre les livres bons pour l'enseignement, ou deutéro-

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