Si du moins il ne s'en Tv'trouve aucune à Hanovre
L KGLISE UNIVERSELLE
blêmes les plus généraux de la vie religieuse, de victoire en victoire, ou de défaite en défaite, avaient finalement absorbé leur effort dans une seule controverse, en apparence insignifiante; mais de laquelle tout à coup avaient surgi tous les conflits, graves d'avenir, entre l'autorité et la vérité, la tradition subie et la tradition critiquée, la généralisation et l'analyse passionnément minutieuse. Bossuet avait méprisé cet appel inutile au détail : a Je ne croyais pas avoir encore à traiter cette matière avec vous, Monsieur, après les principes que j'avais posés : car de descendre au détail de cette matière, cela n'est pas de notre dessein \.. » Mais Leibniz, plus métaphysicien et plus critique tout ensemble, répondait par cette thèse lumineuse, conforme d'ailleurs à sa métaphysique la plus profonde : a Un fait ne peut ordinairement être établi que par un détail". »
Mais qu'est-ce qu'un « fait » ? Bossuet n'était guère accoutumé ù ces questions de logique pure. Quand, dans la première de ses grandes lettres, il divisait sa démonstration en vingtquatre c( faits », il confondait, sous ce même nom de « faits », des réalités indiscutables, des inductions, ou même des théories. Cet emploi abusif des mots, là où la précision est indispensable, devait choquer extrêmement Leibniz. 11 reprochait à Bossuet moins son éloquence que sa méthode assez vague. Ici comme ailleurs, il eût souhaité que la logique mathématique fût adaptée à la discussion ^ Non qu'il désirât dénuer de leur substance des problèmes assez peu réductibles à un schématisme mathématique. Mais ne devrait-on pas, pensait-il, emprunter aux mathématiciens l'un de leurs procédés les plus
1. F. de Careil, éd. cit., t. Il, pp. 400-401. Lettre de Bossuet à Leibniz, 17 aoat 1701.
2. Id., t. If, p. 433. Première phriise de la lettre finale de Leibniz^ 5 février 170i>.