Id., t. IV, p
•j. Id.. l. IV. p. 283, p. 299 et p. 344.
LES JESUriES
encore que penseur : Le Dieu de Descartes, ainsi interprété, n'est pas un Dieu chrétien.
Leibniz reconnaît, il est vrai, que Descartes ne nous a peutêtre pas transmis sa pensée intégrale. « C'était plutôt son génie que sa méthode qui lui faisait faire des découvertes. » Et d'ailleurs, de cette « méthode » il n'a publié que le « Discours^ ». Lui-môme l'avouait.
C'est pourquoi les Cartésiens qui ne peuvent approfondir que la « méthode » de Descartes semblent à Leibniz les plus dangereux adversaires de vraies découvertes : « Ceux qui sont tout à fait Cartésiens ne sont guère propres à inventer; ils ne font que le métier d'interprètes ou commentateurs de leur maître :... et de tant de belles découvertes qu'on a faites depuis Descartes, il n'y en a pas une que je sache qui vienne d'un Cartésien véritable. Je connais un peu ces messieurs-là et je les défie de m'en nommer une de leur fonds. C'est une marque ou que Descartes ne savait pas la vraie méthode ou bien qu'il ne la leur a pas laissée". »
Toute cette critique du cartésianisme ne ressemble en rien à l'ordinaire dépit d'un nouveau venu devant l'autorité d'un chef d'école. Sans doute il est facile de saisir seulement, dans les nombreuses lettres polémiques de Leibniz, des reproches assez vulgaires, empreints aussi v^ et là d'une vanité médiocre. Mais par delà, Leibniz veut avant tout
1. Gerhardt, Phil. Schr., éd. cit.. t. 11. |). 535. Cf. l.l.. t. VU, p. 22.
2. Id., t. IV. p. 297. Leii)niz était, semble-t-il. plus ennemi des Cartésiens que de Descartes lui-niême. Déjà, en 1069. il faisait aux Cartésiens ce môme reproche de ne jamais inventer. Cf. Id., t. I, j). 16 : Lettre a Thomasius, avril 1669 : « Illud... dicere ausim, nuUum 1ère ex Cartesianis. inventis magistri quicquam addidisse. » Lettre médite à Justel. 20 octobre 1690 : « Les pauvres Cartésiens ne Ionique copier et i)araphraser éternellement les pensées de leur jnaître. Mais i)Our avancer au delà de ce qu'il a dit, point de nouvelles. C'est là le fruit de l'esprit d(i sect(\ »
L EXPANSION VERS L ORIENT
détruire la notion d'école, racadémisme philosophique. 11 souhaite que seuls vivent des inventeurs libres qui ne se soucient point de tel ou tel maître. Les sectateurs d'un chef d'école, écrit-il, « n'étudient ordinairement que les écrits du maître, au lieu du grand livre de la nature^ ». « Tâchons d'imiter » Descartes, « en faisant des découvertes : c'est la véritable manière de suivre les grands hommes, et de prendre part à leur gloire sans leur rien dérober*. » Néanmoins, Leibniz s'attaque à l'essence du cartésianisme. Descartes a banni la notion de fiiiaUté. Leibniz la déclare inséparable, non seulement de toute métaphysique, mais encore de toute « physique ».
Laissons de coté les discussions kantiennes relatives à la possibihté d'un principe de finalité. La finalité, telle que Leibniz la pose, exige que nos efforts s'inchnent à la fois sur (( l'organisme » et sur l'élément. Non seulement une telle (( finalité » explique l'Univers, mais elle deviendra, si nous le voulons, initiatrice de découvertes, pourtant toutes mécaniques. « Ainsi on voit que les causes finales servent en physique, non seulement pour admirer la sagesse de Dieu, ce qui est le pricipal, mais encore pour connaître les choses et potir les nia)iier\ »
Cette volonté d'atteindre la réalité concrète, après et par* delà ses éléments, n'inspire-t-elle point aujourd'hui, en se rajeunissant par nos découvertes modernes, une nouvelle méthode biologique, qui chercherait l'être dans l'organisme et non plus uniquement dans la cellule ?
Telle serait en même temps l'antithèse de la méthode car-