‹ Leibniz et l'organisation religieuse de la terre [microform]Chapitre 266 sur 306 · Id., t. VII, pp · texte numérisé non relu

Id., t. VII, pp

ai politiques, prient donc véritablement et adorent. — N'estce pas ici l'essence la plus intime de la pensée leibnizienne ? Qu'a-t-il voulu, toute sa vie, sinon l'union absolue des priâmes, des recherches et des œuvres, des prêtres, des savants et des politiques; — et n'est-ce pas là, en définitive, la traduction humaine de « l'amour, » de la « gloire » et du « Bien » ? Tous les travaux de Leibniz destinés à Louis XIV, aux Jésuites, à Pierre le Grand; ses plans d'union des Églises, ne sont-ils pas les essais divers de cette fusion, peut-être un jour réalisable, de la prière et de l'ardeur scientifique, de l'œuvre politique et de l'œuvre pie, du mérite laïque et du mérite éternel? Ne peignent-ils pas la métamorphose ultime de la justice -humaine en l'amour divin à la fois juste et charitable .^

Ambitieux d'étreindre la réalité intégrale, Leibniz pressent <jue la nature et le surnaturel se continuent l'un en l'autre, ou ne s'opposent que pour nos débiles pensées. Il conçoit une philosophie qui s'étendrait jusqu'aux Mystères.

Dès l'origine, afin de reconstruire en sa pensée le monde, il avait rêvé de s'insinuer et de se fondre en lui. Dédaigneux ^es systèmes extérieurs et abstraits, il avait voulu remplacer les descriptions ou les schémas par des points de vue « vrais ^t intérieurs^ ». Vérité et intériorité s'identifiaient pour lui. Sans' cesse il s'efforçait d'atteindre les choses elles-mêmes et de les expliquer par elles-mêmes. Dans la mathématique, par ses esquisses de Calcul géomêlrique, il préparait une

1. Gerhardt, Phil. Schr., éd. cit., 1. 1". p. 67; 4" Lettre au duc J. Frédéric: « leh habe in negotio religionis et philosophiaî verœ atque interions wichtige demonstrationen gethan. »

Page 1