Inédits, Théologie, vol. lll, 4, fol. :2, verso
2. nev. de Métaph. et de .VomZe, janvier 1005, loc. cit., Dialogue entre Potiandre et Théophile, j). 27.
LA GLOIRE DE DIEU
o-cnles? On considère les deux fins comme inconciliables. Pourtant, Dieu créant le monde devait communiquer ses perfections; et de cet effort sortait inévitablement la possibilité des créatures, de mieux en mieux adaptées à ces perfections mômes ^ Le décret absolu de réprobation et d'élection ne serait pas plus compréhensible qu'une création artificielle et désordonnée. Et, de même que Ton ne conçoit pas comment le monde se fut réalisé sans une lutte entre les possibles, ainsi Ton ne voit pas comment Dieu attacherait sa grâce à un être sans que d'autres grâces eussent lutté en
lui.
Pourtant Dieu peut produire la foi en sa créature et choisir qui il veut. Que le salut vienne de la foi ; si Dieu Ta produite en nous, nous ne sommes en rien les auteurs de notre salut. Dieu a-t-il la volonté de sauver l'homme ou celle de le rendre
fidèle " ?
Il conviendrait d'abord de distinguer entre les prédestinés et les destinés. Tous seraient prédestinés à être sauvés ; quelques-uns seraient destinés à être damnés. D'autre part, de même que nous ne péchons pas nécessairement, nous ne .sommes pas non plus aidés nécessairement. « Quelque efficace que soit la Grâce Divine, il y a lieu de dire qu'on y peut résister'. » Le décret absolu, tel que l'imaginent les Supralapsaires, est opposé, non seulement à l'essence divine, mais encore à la nature. La grâce s'adapte aux circonstances. Si Dieu n'agissait pas relativement à la nature des objets, il jetterait une grâce dans le vide ^
1. GerhardL Phil. Sc/u\, éd. cit., t. VI, p. I4i. Théodicée, par. 78.