Monadoloffie, par
3. Bodemann, Die Leibniz Ilandschriflen, catal. cité. pp. 2i-25.
LA GLOIRE DE DIEU
cette variété est belle et utile \ » N'est-ce pas projeter l'Eglise elle-même sur l'univers monadique ?
On comprend maintenant que Leibniz ait çà et là préféré la ferveur des Mystiques au mol alanguissement des piétés contrefaites. «J'approuve», disait-il, « qu'ily aitdes personnes qui prennent des biais extraordinaires pour tirer les autres de leur assoupissement". » En 1601, on parla beaucoup à Hanovre d'une visionnaire, M'" d'Asseburg, dont les théologiens demandaient l'emprisonnement. Leibniz, tout au contraire, écrivait : « Quand on rencontre de telles personnes, bien loin de les gourmander et de les vouloir faire changer, il faut plutôt les conserver dans cette belle assiette d'esprit comme on garde une rareté^.. ». « Il y a de l'apparence », disait-il, « que sainte Thérèse, sainte Catherine de Sienne et autres personnes semblables étaient à peu près du même naturel ; et si cette fille était en Italie ou en Espagne, elle serait capable de fonder un ordre nouveau * ». Thèse tout à fait neuve, dont il importe peu que M"'' d'Asseburg ait été probablement la très imparfaite illustration. Telle pensée, exaltée ou morbide parce qu'elle contredit les habitudes ambiantes, s'harmonise ailleurs avec des instincts d'analogue essence, et s'extériorise en actes. Leibniz ne res.semble pas aux psychologues impatients de classifications faciles. De telles visions sont « naturelles », — mais naturelles « à cet esprit humain dont nous ne connaissons pas bien tous les ressorts ». Dieu
1. Gerhardt, Phil. Schr., éd. cit., t. II, p. o3G. Lettre à l'abbé Nicaise, 5 juin 1692.
2. Inédits, Théologie, vol. V, f" 5. Extrait du journal anglais de William Penn.