Gerliardt, Phil. Sch7\, éd. cit., t. II, p
Jésuites dans l'abstrait. Il les admirait, pourrait-on dire, essentiellement. Il avait étudié soigneusement leur organisation. Un fragment inédit nous le montre notant avec minutie les différents stades du futur Jésuite, jusqu'au noviciat et à l'époque des vœux'. C'est bien cette organisation qui surtout le fascine. Souvent il travaille à la transposer dans le monde laïque et à créer des sociétés dont les membres renonceraient à leur totale hberté".
Il était frappé aussi de la tolérance dogmatique qui avait conduit certains Jésuites à déclarer sauvées les âmes païennes aimant Dieu'. Aux Jansénistes, hantés de « voies étroites », un homme tel que Bourdaloue opposait le Christ mort pour tous : « Ce n'est pas sans mystère », criait-il, « qu'un Dieu mourant ou qu'un Dieu mort y paraît les bras étendus et le côté percé d'une lance. Il veut, en nous tendant les bras, nous embrasser tous... Je dis tous et c'est ce que je ne puis trop vous redire, afin que nul ne l'ignore ; car malheur à moi si par une erreur insoutenable, et contre tous les témoignages des Saintes Écritures, j'entreprenais de prescrire des bornes aux mérites et à la miséricorde de mon Sauveur '' î »
Les Jésuites, en dépit de cette générosité, n'ont pas su édifier une vraie doctrine d'amour. Leibniz, ennemi, semblet-il, de la grâce janséniste, déclarera que, dans la controverse entre les Jansénistes et les Jésuites, le problème de l'amour de Dieu est plus fondamental que celui de la grâce. Il parlera même d'une victoire janséniste en cour de Rome :