‹ Leibniz et l'organisation religieuse de la terre [microform]Chapitre 47 sur 306 · Cf. (K Monadologie ». Par · texte numérisé non relu

Cf. (K Monadologie ». Par

LES JESUITES

faut que le présent s'enrichisse de tout le passé et, dès lors, que soit scrutée l'ancienne histoire de la Chine. Leibniz voudrait, écrit-il au Père Verjus, « faire rentrer les Chinois dans l'esprit de leurs ancêtres*. » Déjà Tarithmétique binaire permet de lire les caractères de Fohi, jusqu'ici indéchiffrables pour tous, et incompréhensibles aux Chinois ; elle leur donnera l'explication des « merveilleux mystères cabalistiques » composés par l'antique empereur chinois qui vivait trois mille ans avant Jésus-Christ/Leibniz voudrait créer ainsi, pourrait-on dire, une sorte de « Réforme » des Chinois, grâce à laquelle ils retrouveraient, au-dessous des erreurs modernes, le sens antique des textes, absolument comme on découvrirait, par delà les Scolastiques, le sens vrai du Christianisme premier/N'est-ce point là le durable enseignement de la Réforme protestante ? Une méthode en peut ôtre extraite à propos d'autres problèmes. Partout, des abus obscurcissent la pureté primitive des doctrines. Chaque fois que des divergences violentes se manifestent, on se doit efforcer de remonter aux sources. Vues ainsi, les actions s'ordonnent et s'unifient.

Leibniz aurait souhaité que l'on retrouvât le sens premier des doctrines chinoises. Il a donné le schéma de ce rôve dans sa longue lettre à Remond sur la philosophie chinoise -, lettre qu'il écrivit au cours des deux dernières années de sa

vie, en 1715 et 1710.

Comment, se demande-t-il, espérer convertir un peuple, si nous ne le persuadons qu'il est déjà hors de l'erreur?

Page 1