Id. Ibid
5. Leibniz recommande profondément de ne pas toujours en appeler à la postérité : La postérité « trouvera d'autres avantages inconnus à nous, outre quil y a de l'apparence que ces avantages se consument deuxmèmes, (juand on les néglige. » (Klopp., éd. cit., t. IV, p. 402).
LES JESUITES
autres nouveaux venus après eux, et sortis à peine de la barbarie, de vouloir condamner une doctrine si ancienne, parce qu'elle ne paraît point s'accorder d'abord avec nos notions scolastiques ordinaires ^ ». Pourquoi ne chercherions-nous pas à purifier nos propres théories de tout ce que les sectes ont pu ajouter à la vérité entrevue jadis par les premiers créateurs ?
Si ce travail scientifique était méthodiquement conduit, on parviendrait à créer une vérité générale, riche des diverses expériences nationales. D'ailleurs, ce ne sont point là rêves d'idéaliste. Il faut bien trouver un parti. Un fait économique est imminent : La pénétration de la Chine par l'Occident ; si on espère détruire des doctrines essentiellement stables, Leibniz le déclare nettement, une telle destruction n'ira pas sans « une grande révolution - ». L'espoir de comprendre et d'unifier est un espoir vital.
Cette vision de l'unité intellectuelle du monde persista en Leibniz, toujours dominatrice, et se mêla à ses derniers rêves. L'ambition de retrouver la doctrine essentielle par delà les divergences de toutes les scolastiques, ambition ici appliquée à la théologie chinoise, doit en effet être rattachée à la « Philosophie éternelle », que Leibniz décrivait dans sa célèbre lettre à Remond du 26 août 1714. « Si j'en avais le loisir », disait-il, «je comparerais mes dogmes avec ceux des anciens... La vérité est plus répandue qu'on ne pense, mais elle est très souvent fardée et très souvent aussi enveloppée et même affaiblie, mutilée, corrompue par des additions qui... la rendent moins utile ^ ». Dégager la lumière de ces ténèbres, ce